Népal : 362 morts et 1.400 disparus après une crue dévastatrice
Népal : 362 morts et 1.400 disparus après une crue

Vingt-quatre heures après l'effondrement d'une partie d'un glacier à la frontière entre le Népal et la Chine, le bilan provisoire fait état d'au moins 362 morts, dont 359 côté népalais et 3 au Tibet. Plus de 1.400 personnes sont toujours portées disparues, parmi lesquelles des centaines de randonneurs étrangers. La catastrophe, enregistrée comme un séisme de magnitude 5,2, a provoqué une crue éclair et des glissements de terrain qui ont ravagé les villages de la région.

Des témoignages glaçants de survivants

Dans les villages dévastés, les survivants décrivent une réalité apocalyptique. Omkar Joshi, un habitant de Timure âgé de 35 ans, confie son désespoir à l'AFP : « Tout est fini. Ce n'est plus qu'un gigantesque cimetière. Il ne reste plus que du sable et des pierres trempés du rouge du sang des morts ». À Syabrubesi, la jeune Laloma, 27 ans, raconte sa nuit d'angoisse : « Nous avons passé toute la nuit dans une école avec une centaine d'autres personnes. Tout le reste du village a disparu ».

Devant l'hôpital Bir à Katmandou, Subash Khatani cherche désespérément son frère aîné : « Mon frère aîné fait partie de ceux qui ont disparu. On continue à le chercher », souffle-t-il. L'attente des proches est insoutenable alors que les opérations de secours se poursuivent.

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Des familles englouties sous les yeux des survivants

La violence du courant n'a laissé aucune chance de fuite dans les lits des rivières Trishuli et Bhotekoshi. Depuis son lit à l'hôpital Chakra Dev, Keshav Prasad Baral, 68 ans, raconte à Reuters : « Ce n'était pas de l'eau. C'était une énorme coulée de boue qui fonçait droit sur nous. Plus elle approchait, plus elle montait ». Il ajoute : « J'ai essayé de prendre la main de ma femme et de l'emmener sur la terrasse. Mais elle a été emportée par la boue ». Réfugié sur le toit pendant cinq heures avant d'être hélitreuillé par l'armée, il reste hanté : « Ma femme est encore quelque part sous la boue ».

Le même cauchemar s'est produit à Nuwakot pour Kalpana Malla, qui a vu ses proches disparaître sous ses yeux. Elle explique à la BBC : « Les membres de ma famille ont été emportés par les inondations sous mes yeux. Ils ne pouvaient pas échapper aux inondations : il n'y avait absolument aucune chance de survie ». Seuls elle et son fils ont survécu sur un toit : « Ces inondations ont tout emporté, mais mon fils et moi avons réussi à nous réfugier sur le toit d'une maison et nous avons survécu, sans pouvoir l'expliquer ».

L'angoisse dans les familles françaises

En France, quatre ressortissants français sont officiellement déclarés disparus par les autorités. Certains ont frôlé le drame à quelques minutes près. Lilah, une touriste française de 22 ans, confie au Figaro : « Si on était parties 5 minutes plus tôt, on aurait été avalées ». Pour les guides installés au Népal, chaque heure est un calvaire. Benoît Perraud, guide français sur place, exprime son angoisse sur TF1 : « On n'a pas réussi à avoir tout le monde. On a un oncle et une tante qui habitent près de la rivière, les nouvelles ne sont pas très bonnes. On n'arrive pas à les joindre ». Il ajoute : « Je ne suis pas trop capable d'affirmer avec certitude le nombre de victimes qu'on déplore, mais malheureusement il y en a ».

Même détresse pour Mohan, un autre guide local interrogé par TF1 : « J'avais des contacts dans des loges. J'ai essayé d'appeler, mais pas de réponse ». En France, la solidarité s'organise au sein de la communauté népalaise. Nirmal Aryal explique l'angoisse d'un ami proche : « Au moins sept personnes de son village sont portées disparues ».

Des secours massifs et une menace persistante

Plus de 9.000 policiers et militaires népalais s'activent pour porter secours aux rescapés. La menace d'une seconde crue de la rivière Lhende plane toujours sur la région, en raison de débris de glace obstruant le cours d'eau. Le cauchemar n'est malheureusement pas encore terminé.

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