Jamais l'Établissement public territorial de bassin (EPTB) du Lot n'avait déclenché aussi tôt ses lâchers d'eau estivaux. Depuis le 1er juillet, ses réserves sont sollicitées pour soutenir le débit du Lot et de plusieurs de ses affluents, mis à mal par une sécheresse exceptionnelle. Aux différentes vagues de chaleur s'ajoutent un taux d'humidité rarement aussi bas et des précipitations quasi inexistantes. Les cours d'eau du bassin du Lot sont presque à sec. Parmi les affluents de la rivière, la Colagne et la Truyère pâtissent de ce manque d'eau.
Un volume d'eau record relâché en quelques jours
Plus d'un million de mètres cubes d'eau ont été relâchés dans le Lot, soit 6 % des réserves annuelles, en seulement six jours. Les conditions météorologiques devraient aggraver la situation d'ici à la fin de l'été. Ce recours inédit traduit les tensions précoces sur la ressource en eau.
Enjeux multiples : milieu aquatique, élevage et irrigation
"Les enjeux des lâchers d'eau en été sont variés. Ils permettent le maintien du milieu aquatique et des élevages. Ils permettent aussi, dans une moindre mesure en Lozère, d'irriguer les terres agricoles", explique Mathieu Auffray, chargé de mission de gestion quantitative à l'EPTB. Parmi les retenues alimentant le Lot, le lac de Grandval (Cantal) joue un rôle important dans le soutien du débit de la Truyère. En Lozère, le lac de Charpal alimente la Colagne. Cependant, l'objectif est ici double. En effet, le bassin situé en Lozère n'est pas uniquement dédié à la retenue d'eau. La Colagne alimente aussi les habitations de la Lozère en eau potable. Les différents usages se font alors face. Pour y remédier, il faut trouver des solutions et ajuster les quantités d'eau dédiées à chaque usage.
Coopération avec EDF et gestion des barrages
Pour effectuer ces lâchers d'eau, l'EPTB Lot est en collaboration étroite avec EDF, depuis une convention signée par les deux parties datant de 1989. Les retenues utilisées pour soutenir le débit du Lot sont alimentées par les barrages hydroélectriques. Deux fois par semaine, l'EPTB demande alors à relâcher une certaine quantité d'eau. "En général, on demande que le débit soit compris entre 8 et 16 mètres cubes par seconde. Aujourd'hui, on est aux alentours de 10 mètres cubes par seconde", confie Mathieu Auffray. "Pour le lac de Charpal, c'est un peu différent, la communauté de communes Cœur de Lozère gère le barrage", poursuit-il.
Perspectives : étude pour renouveler le modèle de soutien d'étiage
L'entente entre le Syndicat mixte des bassins du Lot et les collectivités territoriales devra se poursuivre dans les années à venir. Les sécheresses devraient s'accentuer encore d'ici à 2050. C'est pourquoi l'EPTB a lancé une étude pour renouveler le modèle de soutien des étiages. Il s'agit ici de comprendre qui bénéficiera de l'eau du Lot et des modes d'usages dans les prochaines années. De plus, l'affaiblissement du manteau neigeux en hiver dans les hautes montagnes devrait aussi s'accentuer et diminuer les réserves en eau dans la région.



