LGV Bordeaux-Toulouse : chaîne humaine contre le projet
LGV Bordeaux-Toulouse : chaîne humaine de protestation

Plus de 2 000 personnes ont formé une chaîne humaine de 12 kilomètres entre Agen et Lamagistère, samedi 4 juillet, pour exprimer leur opposition au projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Toulouse. Organisée par le collectif « Non à la LGV Bordeaux-Toulouse », cette action visait à montrer l’ampleur du rejet local face à un projet estimé à 10 milliards d’euros.

Une mobilisation record

Selon les organisateurs, la chaîne humaine a rassemblé environ 2 500 personnes, soit le double de la participation attendue. « C’est un signal fort envoyé aux décideurs politiques », a déclaré Marie Dupont, porte-parole du collectif. Les manifestants, venus de toute la région, ont brandi des banderoles et des pancartes dénonçant « un projet coûteux et destructeur pour l’environnement ».

Le tracé de la LGV, long de 222 kilomètres, doit relier Bordeaux à Toulouse en une heure, contre deux heures actuellement. Mais les opposants pointent du doigt son coût faramineux et son impact sur les terres agricoles, les zones humides et la biodiversité. « Nous ne sommes pas contre le train, mais contre ce projet pharaonique qui ne profitera qu’à une minorité », a ajouté Marie Dupont.

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Un projet contesté de longue date

Le projet de LGV Bordeaux-Toulouse, inscrit dans le plan de relance ferroviaire de l’État, est en discussion depuis plus de 20 ans. Il bénéficie du soutien des chambres de commerce et d’industrie et de nombreux élus locaux, qui y voient un levier de développement économique. Cependant, les associations environnementales et certains agriculteurs s’y opposent fermement.

En 2023, une enquête publique avait déjà recueilli plus de 10 000 avis défavorables. « L’État continue d’ignorer l’avis des citoyens », a dénoncé Jean-Pierre Lasserre, agriculteur et membre du collectif. Selon lui, la LGV entraînerait la destruction de 1 500 hectares de terres agricoles, sans compter les nuisances sonores et la fragmentation des habitats naturels.

Un impact environnemental contesté

Les opposants mettent en avant une étude de l’Autorité environnementale, qui a émis un avis défavorable en 2024, pointant « des insuffisances majeures dans l’évaluation des impacts sur la biodiversité ». Le collectif réclame une alternative : la modernisation des lignes existantes, moins coûteuse et moins impactante. « Pour le prix d’une LGV, on pourrait rénover tout le réseau TER de la région », a estimé Marie Dupont.

De son côté, le promoteur du projet, SNCF Réseau, assure que toutes les mesures de compensation seront mises en œuvre. « Nous sommes engagés dans une démarche de réduction des impacts, avec la création de corridors écologiques et la plantation de haies », a indiqué un porte-parole. Mais pour les opposants, ces promesses sont insuffisantes.

Prochaines étapes

La déclaration d’utilité publique (DUP) du projet est attendue pour la fin de l’année 2026. Si elle est accordée, les travaux pourraient débuter en 2028, pour une mise en service prévue en 2032. Les opposants promettent de poursuivre la mobilisation, avec des actions coups-de-poing et des recours juridiques. « Nous ne lâcherons rien », a conclu Marie Dupont.

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