Landes : trois hélicoptères bretons en renfort pour localiser les dégâts électriques après la tempête Nils
Landes : hélicoptères bretons en renfort après la tempête Nils

Landes : des hélicoptères bretons en mission d'urgence après la tempête Nils

Trois hélicoptères d'une société basée en Bretagne ont été déployés en renfort dans les Landes pour participer au dispositif d'urgence mis en place suite au passage dévastateur de la tempête Nils. Leur mission cruciale : survoler le département afin de repérer et localiser avec précision les dégâts infligés aux lignes électriques, accélérant ainsi les travaux de réparation.

Une situation critique après le passage de la tempête

Ce lundi 16 février 2026, en milieu de journée, près de 9 000 foyers restaient encore privés d'électricité dans le département des Landes. Cette coupure prolongée fait suite au violent épisode météorologique survenu dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 février. La tempête hivernale Nils a laissé un bilan humain particulièrement lourd avec deux personnes décédées et neuf blessés.

Au plus fort de la crise, ce sont 109 000 foyers qui se sont retrouvés sans électricité au lever du jour le jeudi 12 février, soit pratiquement la moitié des habitations du département. Face à cette situation d'urgence, plusieurs dizaines d'agents d'Enedis se sont immédiatement déployés sur le terrain pour entreprendre un chantier de réparation titanesque.

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Un réseau électrique sévèrement endommagé

L'ensemble du réseau électrique, de la basse à la haute tension, a été touché par ces vents violents dont les rafales les plus puissantes ont été enregistrées à Biscarrosse avec 162 km/h, et jusqu'à 130 km/h dans les terres. Dès le vendredi 13 février, les équipes d'Enedis ont pu bénéficier du renfort précieux de trois hélicoptères qui ont commencé à survoler méthodiquement le département des Landes.

Anne-Chantal Pauwels, représentante de la société Bretagne Hélicoptères, détaille cette mission d'urgence réalisée pour le gestionnaire du réseau : « Nous sommes deux à bord, un pilote et un navigateur. Nous intervenons en tant qu'observateurs des dégâts ».

La mission aérienne des hélicoptères bretons

Durant de longues heures, les appareils ont survolé les grandes zones boisées et les marais, des secteurs où « l'avantage de l'hélicoptère est que l'on voit tout » selon la pilote. « Nous suivons les poteaux et les lignes, principalement sur la moyenne tension. Nous remontons tous les problèmes que nous observons avec les coordonnées GPS précises et nous transmettons des photographies », explique cette professionnelle qui pilote des hélicoptères depuis vingt-deux ans.

Ces vols réalisés à des vitesses comprises entre 60 et 80 km/h offrent un appui des plus fiables, permettant de gagner un temps précieux dans l'identification des dégâts. « Nous nous apercevons plus facilement des dégâts que cette tempête a provoqués. Je pense notamment à un secteur où j'ai pu observer une quinzaine de poteaux couchés avec tous leurs fils, au milieu d'une zone boisée », raconte-t-elle.

Une coordination essentielle avec les équipes au sol

Une fois ces informations transmises à la cellule de crise, les équipes au sol – environ 230 personnels mobilisés ce week-end – peuvent être dépêchées pour réaliser les réparations nécessaires. « Parfois, nous voyons les équipes intervenir directement. Nous pouvons nous poser au sol et aller leur indiquer également des éléments que nous observons à 200-300 mètres de leur position », ajoute la pilote.

Durant quarante-huit heures, les trois hélicoptères ont survolé des zones bien identifiées, effectuant leurs ravitaillements soit à Arcachon soit à Biarritz. « Ce dimanche, il n'a pas été possible de voler en raison des conditions météorologiques défavorables. Ce n'est pas le vent ou la pluie qui nous gênent principalement, mais il nous faut absolument de la visibilité horizontale et verticale », précise-t-elle.

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Des opérations entièrement manuelles

Contrairement à certaines attentes, ces missions aériennes ne bénéficient d'aucun pilotage automatique. « Tout se fait en manuel » dans ces hélicoptères, insiste la professionnelle. Dorénavant, une véritable course contre la montre s'engage pour les équipes au sol qui doivent rétablir l'électricité dans l'ensemble des foyers affectés.

Ce lundi soir, ils étaient encore 8 000 foyers plongés dans le noir. « Tout ce qui concerne la haute tension devrait être réparé d'ici mercredi », expliquait en milieu de journée Gilles Clavreul, le préfet des Landes. Pour la basse tension, plusieurs jours supplémentaires seront encore nécessaires, avec une probabilité faible que les opérations soient achevées avant la fin de cette semaine.

Un déploiement aérien stratégique

Ce renfort aérien provenant de Bretagne démontre l'importance de la coordination interrégionale dans la gestion des crises météorologiques majeures. Les hélicoptères, avec leur capacité à survoler rapidement de vastes étendues et à accéder à des zones difficiles d'accès, constituent un atout précieux pour évaluer les dégâts sur les infrastructures essentielles.

La tempête Nils, avec ses vents violents et ses conséquences dramatiques, rappelle la vulnérabilité des réseaux électriques face aux phénomènes météorologiques extrêmes. Le déploiement de moyens aériens spécialisés, combiné au travail acharné des équipes au sol, illustre la réponse coordonnée nécessaire pour faire face à de telles situations d'urgence et rétablir au plus vite les services essentiels aux populations affectées.