Landes : une semaine après la tempête Nils, 8 000 foyers toujours plongés dans le noir
Les heures sombres s'éternisent pour près de 8 000 foyers des Landes, toujours privés d'électricité une semaine après le passage dévastateur de la tempête Nils dans la nuit du 11 au 12 février 2026. Le préfet Gilles Clavreul a confirmé ce lundi 16 février que les dégâts sur le réseau électrique départemental sont « considérables », nécessitant des interventions prolongées qui testent la patience des habitants.
Un rétablissement progressif annoncé
Lors d'une visioconférence avec les maires, les pompiers et les forces de l'ordre, le représentant de l'État a dévoilé le calendrier des réparations. Les lignes haute tension devraient être entièrement rétablies d'ici ce mercredi 18 février, ce qui permettrait de réduire de moitié le nombre de foyers affectés. Cependant, les travaux sur les réseaux moyenne et basse tension nécessiteront plusieurs jours supplémentaires, prolongeant l'attente pour les communes les plus isolées.
Communes en mode survie
À Le Leuy, petite commune de 230 habitants entre Dax et Mont-de-Marsan, la municipalité a dû louer un groupe électrogène pour alimenter le centre-bourg. « La salle municipale est ouverte depuis vendredi pour accueillir les gens et surtout les congélateurs, c'est important ! », explique le maire Thierry Bibes. La situation devient « compliquée » pour de nombreux administrés : volets électriques bloqués, portails inopérants, difficultés pour recharger les téléalarmes des personnes âgées.
À Lagrange, à l'est du département, 50% de la population reste sans électricité selon le maire Anthony Bister. « La rue la plus peuplée et le centre-bourg, dont la mairie, ne sont toujours pas alimentés », précise-t-il. Des bénévoles parcourent le village avec leurs groupes électrogènes personnels pour aider les habitants à préserver leurs denrées alimentaires.
Des défis supplémentaires
À Mauvezin-d'Armagnac, où le courant a été partiellement rétabli, un tiers du village (environ 60 habitations) reste dans le noir. Le maire Antoine Lequertier alerte sur un début de montée des eaux de la Douze qui traverse la commune, ajoutant une préoccupation supplémentaire aux problèmes électriques. « On surveille son niveau régulièrement », indique-t-il.
Le spectre de Klaus plane toujours
Ces situations rappellent douloureusement la tempête Klaus de janvier 2009, qui avait plongé des milliers de foyers landais dans le noir pendant deux à trois semaines. « Je m'aperçois que le réseau électrique n'est pas mieux sécurisé qu'en 2009 », déplore Thierry Bibes. Malgré la mobilisation de 230 agents d'Enedis (dont 150 renforts) travaillant nuit et jour, la patience des habitants s'érode.
Anthony Bister observe que « les gens sont moins patients » aujourd'hui. Thierry Bibes nuance : « On a eu beaucoup moins de dégâts qu'en 2009. Alors quand les gens voient qu'ils n'ont pas de courant, ils ne comprennent pas. » Les communes landaises continuent donc de s'organiser dans l'attente d'un retour complet à la normale, espérant que les prochains jours apporteront enfin la lumière.



