Inondations dans l'Ouest : la décrue s'amorce lentement, une digue menace à Angers
Inondations Ouest : décrue lente, digue menace Angers

Inondations dans l'Ouest : la décrue s'amorce lentement, une digue menace à Angers

Les sinistrés victimes des inondations dans l'Ouest de la France entrevoient enfin le bout du tunnel. Dimanche, le niveau de l'eau s'est stabilisé à Angers, mais la décrue sera lente, comme dans d'autres zones de la région où les crues exceptionnelles de ce début d'année 2026 continuent de se propager en aval. La situation reste préoccupante avec plusieurs départements en alerte maximale.

Vigilance rouge maintenue dans trois départements

La Loire-Atlantique, la Charente-Maritime et le Maine-et-Loire restent dimanche et lundi en vigilance rouge crues, selon le bulletin de Météo-France de 16 heures. Trois autres départements de l'Ouest - la Sarthe, la Vendée et la Charente - sont encore en vigilance orange, contre cinq plus tôt dans la journée. En Maine-et-Loire, les autorités préfectorales ont indiqué que les pics des crues ont été "atteints en fin de nuit et au cours de la matinée" dimanche, et que "la décrue débute lentement lors des prochaines 24 heures".

Angers face à une menace de rupture de digue

À Angers, ville de 160 000 habitants, la situation est particulièrement critique. Le niveau de la Maine est monté à 6,39 mètres samedi soir, provoquant la plus importante crue depuis 1995. La préfecture annonce qu'"une décrue est attendue dans les prochains jours, de l'ordre de 20 cm par 24 heures". Au moins 5 000 personnes sont touchées par cette inondation, avec des rues fermées aux voitures et la circulation des tramways perturbée. Deux kilomètres de planches ont été installés pour permettre aux riverains de marcher au sec.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Au sud d'Angers, une digue protégeant quatre communes menace de rompre sous la pression de la Loire. "Des agents communaux, en surveillant l'édifice, ont vu qu'elle était fragilisée", a expliqué à l'AFP Philippe Maillart, maire de Saint-Georges-sur-Loire. Un ordre d'évacuation a été émis samedi et trois centres d'hébergement d'urgence ont ouvert dans les communes concernées. Samedi soir, 187 personnes avaient quitté leur domicile, selon la préfecture. Les premiers signes d'infiltration sont déjà visibles : l'eau commence à remplir les jardins les plus proches.

La lente décrue et le début du nettoyage

En Charente-Maritime, à Saintes, la Charente s'élève toujours à 6,53 mètres et devrait rester proche de ce niveau toute la journée, selon Vigicrues. En Gironde, "la décrue se poursuit lentement", observent les autorités. Dans la commune de Langon, l'heure est au nettoyage intensif. "La Garonne a laissé énormément de limon, il faut nettoyer rapidement avant que ça ne sèche. C'est une situation exceptionnelle, tous les agents, les élus sont à pied d'œuvre depuis dix jours", a indiqué Valérie Téchené, directrice des services techniques de la commune.

Pour Franck Cazenave, dont la maison a été inondée, l'heure est à "débarrasser, nettoyer, désinfecter et mettre à la benne tout ce qui a été détruit", avec l'aide d'habitants et de voisins. Il réfléchit sérieusement à aménager différemment sa maison, dont le rez-de-chaussée est "dans un état de délabrement total". "C'est un phénomène qui va se répéter", voire s'amplifier, "il faut tenir compte de ça", souligne-t-il avec inquiétude. En Lot-et-Garonne, une "lente décrue" est "amorcée", selon les observations de Vigicrues.

Les autorités restent mobilisées face à cette crise hydrologique majeure qui affecte durablement les territoires de l'Ouest français. La vigilance reste de mise malgré les premiers signes d'amélioration, car les conséquences de ces inondations exceptionnelles se feront sentir pendant de nombreuses semaines.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale