Quatre ans après les incendies dévastateurs de La Teste-de-Buch en Gironde, la question de la gestion forestière reste brûlante. En juillet 2022, près de 21 000 hectares de forêt avaient été ravagés par les flammes, un événement qui avait marqué les esprits. Aujourd'hui, un rapport de l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD) souligne la nécessité de changer de paradigme face aux risques accrus liés au changement climatique.
Des feux plus fréquents et plus intenses
Selon le rapport, les incendies de 2022 ont montré que les forêts françaises, notamment en Gironde, sont de plus en plus vulnérables. Les températures élevées et la sécheresse prolongée créent des conditions propices à des feux plus fréquents et plus intenses. Le document précise que la superficie brûlée en France a été multipliée par cinq entre 2020 et 2022 par rapport à la décennie précédente.
Face à ce constat, les experts recommandent une révision en profondeur des politiques de prévention. « Il faut passer d'une logique de lutte contre les incendies à une logique de gestion intégrée des risques », explique un responsable de l'IGEDD cité dans le rapport. Cela implique de repenser la sylviculture, en favorisant des essences plus résistantes au feu et en diversifiant les peuplements.
Des mesures concrètes proposées
Le rapport préconise plusieurs actions immédiates : la création de coupures de combustible dans les massifs forestiers, le développement de points d'eau stratégiques, et une meilleure coordination entre les acteurs locaux. Il insiste également sur la nécessité de renforcer la recherche sur les espèces adaptées aux conditions futures.
« Nous devons anticiper les effets du changement climatique, qui rendra les feux encore plus difficiles à maîtriser », ajoute un expert forestier. Les coûts des incendies de 2022 sont estimés à plus de 600 millions d'euros, un chiffre qui pourrait augmenter si des mesures ne sont pas prises.
Un appel à la mobilisation
Le rapport appelle à une mobilisation nationale, impliquant l'État, les collectivités locales et les propriétaires forestiers. Il souligne que la forêt française, qui couvre 31 % du territoire, est un atout écologique et économique majeur qu'il faut protéger. « Changer de logiciel, c'est accepter que la forêt ne sera plus jamais comme avant », conclut le rapport.



