Incendies dans l'Hérault : les bénévoles, yeux des pompiers
Incendies dans l'Hérault : les bénévoles, yeux des pompiers

Chaque été, dans l'Hérault, des bénévoles en tenue jaune et orange quadrillent les massifs forestiers. Ils ne sont pas pompiers, mais ils constituent leurs « yeux et oreilles ». Ce sont les membres des comités communaux de feux de forêt (CCFF), une cinquantaine de structures réparties dans le département, qui patrouillent de juin à septembre pour détecter tout départ de feu.

Une mission de prévention cruciale

À Saint-Gély-du-Fesc, commune de 10 000 habitants située au nord de Montpellier, le CCFF local compte une quinzaine de volontaires actifs. « Nous faisons des rondes tous les jours, par équipes de trois ou quatre, de 14 heures à 20 heures », explique Jean-Pierre, le président de l’association. « Nous sommes équipés de jumelles, d’un poste radio et d’un système de localisation GPS. Lorsqu’on voit une fumée suspecte, on la signale immédiatement au centre de traitement des appels des sapeurs-pompiers. »

Depuis le début de l’été 2026, ces patrouilles ont permis de signaler et de contenir six départs de feu dans le secteur, évitant ainsi leur propagation. Selon le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de l’Hérault, environ 40 % des premiers signalements d’incendies de forêt proviennent des CCFF. Cette année, le département a déjà connu 120 feux de forêt, contre 85 à la même période en 2025.

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Des moyens modernisés

Les CCFF ne se contentent pas de patrouiller à pied ou en véhicule. À Saint-Gély-du-Fesc, les bénévoles utilisent désormais un drone doté d’une caméra thermique pour survoler les zones inaccessibles. « C’est un outil formidable pour repérer les points chauds ou les foyers naissants sous le couvert forestier », souligne Jean-Pierre. L’appareil, financé par la commune et des subventions départementales, coûte environ 2 000 euros. Il est piloté par deux volontaires formés.

Cette année, la préfecture de l’Hérault a également distribué 500 nouvelles radios numériques aux CCFF, pour un montant total de 150 000 euros, afin d’améliorer la coordination avec les sapeurs-pompiers. « Ces bénévoles sont un maillon essentiel de notre dispositif de lutte contre les incendies », affirme le colonel Marc Dupont, directeur du Sdis 34. « Leur connaissance fine du terrain et leur réactivité nous permettent d’intervenir plus rapidement. »

Un engagement citoyen

Les CCFF sont ouverts à tous les habitants de la commune, sans condition d’âge ou de compétence particulière. Une formation de deux jours, dispensée par les pompiers, est obligatoire. « C’est une façon concrète de protéger notre environnement et de participer à la sécurité collective », témoigne Sophie, 45 ans, bénévole depuis trois ans. « On se sent utile, surtout quand on voit que notre présence dissuade les comportements à risque. »

En 2025, les CCFF de l’Hérault ont totalisé plus de 15 000 heures de patrouille. Leur efficacité a été saluée par le préfet lors d’une réunion publique en juin dernier. Face aux sécheresses récurrentes et aux canicules, le rôle des bénévoles devient chaque année plus stratégique.

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