Le feu de forêt qui ravage la Gironde depuis mercredi 22 juillet a déjà contraint à l'évacuation de 220 000 personnes et brûlé 42 000 hectares, selon le dernier point de situation de la préfecture ce dimanche 26 juillet. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a qualifié la situation de "très défavorable" sur son compte X, précisant que le feu est "redevenu extrêmement virulent", créant son propre vent et évoluant de manière erratique vers l'agglomération bordelaise. Le front de flammes se trouve désormais à une quinzaine de kilomètres des points d'entrée de Bordeaux.
Nouvelles évacuations et vigilance à Bordeaux
Dans la nuit, la préfète de Gironde et de Nouvelle-Aquitaine a ordonné l'évacuation de 55 000 personnes supplémentaires dans cinq communes de Bordeaux. Toutefois, le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, a tenu à rassurer sur BFM TV dimanche : "On est en état de vigilance plus qu'en état d'urgence. On se prépare à toutes les éventualités, mais nous ne préparons pas l'évacuation de Bordeaux, ce n'est pas du tout à l'ordre du jour. Inutile d'affoler les populations." De son côté, le ministre de l'Intérieur a affirmé que "tant que le feu n'est pas fixé, il n'y aura pas de réintégration" des habitants dans leurs villages. "Il faut le stabiliser, le stopper et le traiter", a-t-il ajouté.
Mobilisation massive des secours
Pour lutter contre l'incendie, 2 500 sapeurs-pompiers sont mobilisés dans le département, appuyés par 1 500 militaires, près de 1 200 policiers et gendarmes, ainsi que 450 bénévoles d'associations agréées de sécurité civile. Le maire de Cestas, Jérôme Steffe, a décrit sur BFM TV un feu imprévisible : "À chaque fois qu'on croit avoir remporté une bataille, il nous surprend de la pire des façons. Aucune date de retour ne peut être annoncée. Il est impossible de dire où s'arrêtera le feu. La seule information est qu'il n'a pas franchi l'autoroute, qui sert de pare-feu, mais hier il y a eu des sautes de feu de plus d'un kilomètre, donc la vigilance reste de mise."
Infrastructures perturbées
La préfecture a partiellement fermé l'autoroute A63, et la SNCF a annoncé dimanche l'interruption du trafic ferroviaire au sud de Bordeaux jusqu'à nouvel ordre. Ces mesures visent à faciliter l'intervention des secours et à protéger les populations.
Bilan national et réunions de crise
En France, 100 000 hectares ont déjà brûlé cette année, un "niveau sans précédent" selon le Premier ministre Sébastien Lecornu samedi. Dans les Landes voisines, 3 600 hectares sont partis en fumée et 36 000 personnes ont été évacuées. Le Var reste également sous tension avec plus de 1 000 pompiers mobilisés, le retour annoncé du mistral faisant craindre une dégradation. La Corse et les Hautes-Alpes sont aussi en proie à des incendies. Face à l'ampleur des dégâts, le gouvernement a prévu trois réunions de crise ce lundi : une cellule locale avec les acteurs économiques, une réunion nationale avec les filières professionnelles, et une troisième dédiée à l'approvisionnement énergétique et à la reconstruction, pilotée par le ministère de l'Industrie.



