L'incendie qui ravage la Gironde depuis plusieurs jours a pris une ampleur historique. Attisé par la sécheresse, le vent et la végétation extrêmement inflammable, le feu a déjà détruit 42 000 hectares autour du bassin d'Arcachon et aux portes de Bordeaux. Face à la progression des flammes, 220 000 personnes ont été évacuées et plusieurs axes majeurs, dont l'autoroute A63 et des lignes ferroviaires, restent coupés.
Un bilan en constante évolution
La préfecture de la Gironde a annoncé dimanche 26 juillet 2026 que la surface brûlée atteignait 42 000 hectares. Ce chiffre place cet incendie parmi les plus importants depuis la Seconde Guerre mondiale en France. En 1949, le grand incendie de la forêt des Landes de Gascogne, le plus meurtrier, avait ravagé environ 50 000 hectares.
L'évacuation massive a concerné 220 000 personnes depuis mercredi. Dans la nuit, 55 000 habitants supplémentaires de communes comme Marcheprime, Le Barp, Biganos, Mios et Cestas ont dû quitter leurs foyers. « La ville est heureusement déserte… Nous avons quelques personnes qui n'ont pas voulu évacuer leur maison. Nous avons tenu un listing bien évidemment en lien avec la préfecture », a déclaré Jérôme Steffe, maire de Cestas, sur BFMTV.
Des infrastructures paralysées
L'autoroute A63, axe majeur entre Bordeaux et l'Espagne, est fermée sur 60 km, entre l'échangeur 17 de Liposthey et l'échangeur 24 de Cestas dans le sens Sud-Nord, et entre la rocade de Bordeaux et Marcheprime dans le sens Nord-Sud. Le trafic ferroviaire est également interrompu au sud de Bordeaux, vers Arcachon et jusqu'à Morcenx en direction de Dax et Mont-de-Marsan, selon la SNCF.
Un feu imprévisible et dévastateur
« Ce feu est imprévisible et à chaque fois qu'on croit avoir remporté une bataille, malheureusement il nous surprend de la pire des façons qui soit. Et donc malheureusement, aucune date de retour aujourd'hui ne peut être annoncée », a ajouté Jérôme Steffe. « Aujourd'hui, il est impossible de dire où s'arrêtera le feu. »
Dans un point de situation à 02h00, la préfecture a signalé une propagation rapide en début de nuit, liée à la végétation sèche et au vent avec des rafales jusqu'à 40 km/h. « À 20h00, un phénomène de pyrocumulonimbus a ainsi pu être observé. Aussi, les sauts de feu ont constitué un vecteur important de propagation de l'incendie », a-t-elle précisé.
Une cartographie de la progression
Selon une cartographie diffusée par les autorités, le feu s'est orienté vers le sud-est en direction de Marcheprime, localité située sur la ligne SNCF entre Bordeaux et Arcachon. Les pompiers luttent sans relâche, mais les conditions météorologiques restent défavorables, avec une sécheresse persistante. Les prochains jours seront critiques pour contenir cet incendie historique qui menace désormais les abords de la métropole bordelaise.



