Gironde : une histoire marquée par les grandes crues
En Gironde, les crues font partie intégrante du paysage et de la mémoire collective. De la célèbre « crue du siècle » en 1930 aux récentes intempéries de 2024, le département a régulièrement été confronté à des inondations dévastatrices, que ce soit en hiver, au printemps ou même en été. Alors que de nouveaux débordements menacent périodiquement, notamment lors des grandes marées, revenons sur ces épisodes mémorables qui ont marqué Bordeaux et l'ensemble de la Gironde.
Les crues majeures du XXe siècle
En mars 1930, la Garonne quitte son lit et inonde la Gironde de manière spectaculaire. Un record est établi cette année-là en Sud-Gironde, avec un débit de 7 590 m³ par seconde et une hauteur d'eau atteignant presque 12 mètres à Cadillac et Barsac. Cet événement est resté dans les annales comme « la crue du siècle ».
En février 1952, de fortes pluies persistantes provoquent des inondations hors norme durant cinq jours dans tout le Sud-Ouest, touchant notamment Bordeaux, Langon et La Réole. La décrue laisse derrière elle des ruines et une personne portée disparue à Barsac. La même année, en novembre-décembre, la Garonne déborde à nouveau, inondant Bordeaux après la rupture de la digue de Blanquefort.
En janvier 1955, une tempête violente frappe l'Europe du nord, affectant aussi la Gironde où la Garonne en crue cause d'énormes dégâts, notamment à Barie. En juillet 1977, de violents orages entraînent des inondations graves à Bordeaux et La Réole.
Décembre 1981 est marqué par une tempête rageuse, avec des pluies torrentielles et un fort coefficient de marée. La Garonne déborde, submergeant Bordeaux et le bassin d'Arcachon. Les quais deviennent un gigantesque lac, et 142 communes sont sinistrées, avec des évacuations à Latresne et des digues rompues à Ambès.
Des épisodes récurrents jusqu'à nos jours
En mai 1982, de violents orages éclatent sur Bordeaux et sa banlieue, inondant les rues avec plus d'un mètre d'eau et sinistrant 1 500 familles. Mars 1988 voit la Garonne monter brutalement, submergeant le quai de Paludate à Bordeaux.
Février 1995, le Sud-Gironde est sous les eaux, avec la Garonne atteignant 8,34 m à La Réole. En janvier 1998, de fortes pluies et vents provoquent des inondations, privant 6 500 foyers d'électricité. Décembre 1999, l'ouragan Martin ravage la région avec des vents dépassant 140 km/h, causant des inondations massives, y compris un incident nucléaire de niveau 2 à la centrale du Blayais.
En avril 2005, des pluies torrentielles s'abattent sur Branne et Castillon-la-Bataille, entraînant inondations et coulées de boue. Mai 2008, un orage provoque un déluge sur la Gironde, touchant particulièrement Libourne et Castillon-la-Bataille.
Les tempêtes et crues du XXIe siècle
Février 2010, la tempête Xynthia frappe durement, provoquant de graves inondations dans l'estuaire et le Médoc, avec jusqu'à 1 mètre d'eau dans certaines maisons à Saint-Louis-de-Montferrand. Janvier 2014, la Garonne sort de son lit, inondant Bordeaux, Langoiran et Libourne.
Mars 2020, la Garonne déborde brièvement à Bordeaux avec les forts coefficients de marée. Janvier 2021, d'énormes précipitations saturent les cours d'eau du Sud-Gironde, inondant une dizaine d'habitations. Décembre 2023, la Haute Gironde, le Libournais et le Médoc sont submergés après un épisode pluvieux intense.
Février 2024, la tempête Karlotta provoque des inondations sur le bassin d'Arcachon et à Bordeaux, avec des débordements allant jusqu'à 50 cm. Ces événements rappellent la vulnérabilité permanente de la Gironde face aux caprices de la nature.



