Inondations en Lot-et-Garonne : la Garonne en crue, évacuations urgentes avant la nuit
Garonne en crue : évacuations urgentes en Lot-et-Garonne

La Garonne en crue déclenche une course contre la montre pour évacuer les populations

La Garonne n'a pas encore atteint son pic de crue, et la montée des eaux s'accélère dangereusement ce vendredi 13 février. Les autorités lancent un appel urgent : il faut mettre à l'abri les populations avant la tombée de la nuit. « Plus nous aurons réalisé d'évacuations préventives avant la nuit, plus nous gagnerons en sécurité collective », insiste le capitaine Coly depuis la caserne des pompiers de Marmande. Le message est clair : c'est maintenant ou jamais de quitter son domicile avec l'aide des secouristes.

Les moyens des secours approchent de la rupture

Les sapeurs-pompiers du département sont sous tension extrême. Leurs moyens humains et matériels approchent « la rupture capacitaire », selon les termes employés sur le terrain. Plongeurs en eaux vives, équipes de plongée et bateaux sont tous mobilisés sans relâche. Les opérations de secours se compliquent avec la fermeture à la circulation de la D933 entre Marmande et Fourques-sur-Garonne, ainsi que du pont de la rocade de Marmande. Ce dernier constituait le seul moyen de passer d'une rive à l'autre sur ce secteur, isolant davantage certaines zones.

Une réunion en visioconférence révèle une situation qui se dégrade

En début de journée, les maires du Val de Garonne ont fait un point de situation en visioconférence avec les sapeurs-pompiers, les gendarmes et le sous-préfet. Si certains élus se montraient encore optimistes la veille, le ton a radicalement changé ce vendredi. La montée inexorable des eaux ne fait plus sourire personne d'un village à l'autre du Marmandais. La réalité est brutale : les digues cèdent sous la pression.

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Les digues cèdent, des villages sont submergés

Entre Saint-Pardoux-du-Breuil et Taillebourg, une digue a « pété » sur 500 mètres dans la matinée de vendredi. « Le bourg est inondé, c'est la crise », s'alarme Jean-Michel Poignant, le maire de Saint-Pardoux-du-Breuil. À Couthures-sur-Garonne, la digue a également cédé, et les casiers se remplissent à vue d'œil. Les services de secours redoutent maintenant des risques de ruptures du côté de Jusix et Caumont-sur-Garonne, où la situation reste très précaire.

Plusieurs dizaines d'évacuations en cours dans l'urgence

Comme dans le Tonneinquais voisin, les élus locaux mobilisent toutes leurs ressources. Ils activent leurs réserves communales ou font appel à la solidarité des habitants pour mettre à l'abri les personnes les plus vulnérables. À Saint-Pardoux-du-Breuil, l'ensemble des habitants du bourg a dû quitter les lieux. Ils ont trouvé refuge chez des amis ou des membres de leur famille. Cela représente entre 30 et 40 personnes, disséminées dans une quinzaine de maisons. Certaines ont déjà été évacuées, d'autres attendent encore leur tour via le bateau de la réserve communale. Déjà la veille, une personne en situation de handicap avait dû être secourue avec l'aide des pompiers.

Les évacuations se poursuivent activement sur la plaine de Garonne. Dans le quartier marmandais de Coussan ainsi qu'à Fourques-sur-Garonne, une cinquantaine de personnes ont déjà trouvé refuge chez leurs proches. Le maire de Fourques-sur-Garonne, Jacques Bilirit, a sollicité les autorités pour obtenir une vingtaine de lits supplémentaires. La salle des fêtes de la commune est prête à servir de centre d'accueil pour les sinistrés. Cependant, en début d'après-midi, elle n'était toujours pas alimentée en électricité ni en chauffage, compliquant son utilisation immédiate.

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Des villages privés d'électricité et d'eau potable

À Meilhan-sur-Garonne, la situation est particulièrement critique. La maire, Régine Povéda, est contrainte de communiquer depuis le tertre, seul point de la commune à bénéficier d'une couverture téléphonique. Le village est toujours privé d'électricité. La première édile s'inquiète également de l'approvisionnement en eau potable. Les services de Véolia doivent pouvoir accéder à la station de traitement pour l'alimenter en gazole, qui a pris le relais du système électrique. « Pour l'heure, je n'ai pas de cartographie d'Enedis pour dire dans quels délais le réseau sera opérationnel. Il faut encore patienter », a déclaré le sous-préfet de l'arrondissement, Michel Gouriou, soulignant l'incertitude qui plane sur la durée de cette crise.

La nuit qui s'annonce sera longue pour les secours et les populations sinistrées. Chaque minute compte désormais pour évacuer les derniers habitants menacés par les eaux de la Garonne en furie.