Un contre-feu de six kilomètres a permis de protéger des installations militaires sensibles en Gironde, a annoncé le capitaine Jérôme Jallet, référent des cadres feux tactiques du Gard. « Le contre-feu a très bien marché, le feu n’est pas passé », s’est-il félicité dimanche 26 juillet 2026, après avoir contrôlé les résultats de l’opération menée la veille.
Une technique ancestrale remise au goût du jour
Le feu tactique, aussi appelé contre-feu, consiste à allumer volontairement un feu secondaire pour priver l’incendie principal de combustible. « On se sert du feu pour éteindre le feu », résume Jérôme Jallet, pompier passé par Alès et arrivé jeudi 23 juillet à Mérignac avec plusieurs collègues de la zone Sud. Cette pratique, issue du brûlage dirigé, a été structurée en France au fil des décennies.
En Gironde, les opérations de ce type ont débuté dès mercredi. Samedi 25 juillet, une vingtaine de sapeurs-pompiers ont réalisé un contre-feu de six kilomètres en huit heures, une opération éprouvante qui a permis de protéger des installations militaires sensibles.
Une expertise longue à acquérir
Le feu tactique nécessite une formation poussée. Les cadres feux tactiques sont formés pendant plus de dix ans et doivent maîtriser le comportement des flammes, les conditions météorologiques et les risques de propagation. « On n’arrive pas et on ne met pas le feu comme ça. Nous évaluons les critères de faisabilité et de mise en œuvre », explique Jérôme Jallet. Chaque mise à feu doit être évaluée puis autorisée par le commandant des opérations de secours.
Le Gard, département pilote, compte aujourd’hui une vingtaine de cadres feux tactiques sur les 120 que compte le pays. Cette expertise est appelée à prendre de l’importance alors que les incendies se multiplient simultanément sur le territoire.
Un avantage face aux feux extrêmes
Les incendies actuels changent d’échelle. Jérôme Jallet parle de « feux hors normes » et de « feux extrêmes », alimentés par la sécheresse, les fortes chaleurs et une végétation particulièrement inflammable. Dans ces situations, les contre-feux présentent un avantage majeur : ils consomment peu d’eau et nécessitent moins de personnels que certaines méthodes conventionnelles.
Le capitaine Jallet, qui sera relevé ce soir, pourrait revenir sur le secteur si la nécessité le commande. La technique gardoise, bien rodée, pourrait être déployée plus largement face à l’augmentation des incendies liée au changement climatique.



