Inondations en Dordogne : Sites touristiques inondés, Sarlat sans eau, commerces paralysés
Dordogne : Inondations paralysent tourisme et services essentiels

Dordogne sous les eaux : une crise aux multiples facettes

Les récentes inondations qui ont frappé la Dordogne ont provoqué des perturbations majeures pour les habitants, les sites touristiques et les commerces de la région. Entre Le Bugue et Carsac-Aillac en passant par Sarlat, les conséquences sont tangibles et variées, révélant la vulnérabilité des infrastructures face aux éléments déchaînés.

Le Bugue : le tourisme à l'arrêt

Ce vendredi 13 février, peu après 8 heures, un épais brouillard recouvrait la Vézère en aval du pont reliant Campagne au Bugue, dans le Périgord noir. Ce voile brumeux dissimulait à peine le spectacle désolant d'une rivière ayant totalement débordé, transformant les champs environnants en un vaste lac. Comme lors des inondations d'avril 2025, les principaux sites touristiques ont été les premiers impactés par cette montée des eaux soudaine.

Le Parc du Bournat, en pleine préparation pour sa réouverture prévue le 6 avril, a vu l'eau envahir manèges et bâtiments, obligeant les équipes à surélever du mobilier en urgence. Juste à côté, l'Aquarium du Périgord noir, normalement accessible pendant ces vacances de février, a dû fermer ses portes pendant trois jours, du jeudi au samedi. Une réouverture était espérée pour le dimanche 15 février, mais l'incertitude planait sur les dégâts réels.

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Sarlat : une crise de l'eau potable

À une trentaine de kilomètres du Bugue, la ville de Sarlat a dû faire face à une problématique tout aussi critique : l'absence d'eau potable pour une partie significative de ses habitants, notamment dans le quartier de La Canéda. La mairie a expliqué que deux lignes à haute tension, l'une à Marquay et l'autre au sud-ouest de la ville, étaient toujours endommagées ce vendredi matin.

Cette coupure prolongée d'électricité a directement impacté le fonctionnement des réservoirs et châteaux d'eau desservant ces zones. La particularité de Sarlat réside dans sa double gestion de l'eau : Veolia pour la majeure partie de la cité, épargnée par la crise, et la Sogedo pour Vitrac et La Canéda, dont le réseau s'est retrouvé complètement à sec.

Face à cette urgence, la municipalité a organisé des distributions de bouteilles d'eau potable tout au long de la journée depuis le centre technique municipal et l'ancienne mairie de La Canéda. Frédéric Beltzung, employé municipal habituellement affecté à l'événementiel, a distribué « une cinquantaine de packs » en une heure seulement en fin de matinée, soulignant que « ce sont pour beaucoup des personnes âgées » qui ont été aidées.

En parallèle, le président de la Communauté de communes du Pays de Fénelon, Patrick Bonnefon, avait reçu une semi-remorque remplie d'eau potable en prévision de besoins supplémentaires. La mairie espérait un retour à la normale pour le samedi matin au plus tard, « notamment pour les habitations les plus éloignées du poste d'alimentation ».

Carsac-Aillac : un village fantôme

À Carsac-Aillac, c'est l'électricité qui a fait défaut de mercredi soir à ce vendredi après-midi, donnant au bourg des allures de village fantôme en cette mi-journée. Les commerces sont restés fermés, le plus touché étant la boucherie de Romain Baglieri.

Le jeune boucher, installé depuis trois ans et demi, a découvert avec consternation ce vendredi matin que la température de sa chambre froide oscillait « entre 10 et 15 degrés », bien au-delà des 2 degrés requis pour une conservation optimale de la viande sur 24 heures. Contraint de jeter toutes ses carcasses et morceaux, il estime son préjudice à 4 500 euros. « On est coupés à chaque fois lors des tempêtes, a-t-il soupiré. Au final, ce sera une semaine de perte. » Sa réouverture n'est prévue que pour mardi prochain.

La Roque-Gageac : une départementale submergée

À La Roque-Gageac, la Dordogne est sortie de son lit avec une telle force qu'elle a inondé la départementale sur une hauteur estimée à « jusqu'à un mètre » par le maire Jérôme Peyrat. Ce dernier a déploré le comportement irresponsable de certains automobilistes qui tentaient malgré tout de circuler en franchissant les barrières d'interdiction mises en place pour leur sécurité.

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Face à ces multiples crises, la mairie de Sarlat a mis en place un numéro d'urgence pour les habitants, le 06 07 47 10 90, de nombreuses lignes fixes restant inaccessibles, y compris celles de l'hôtel de ville. Cette mesure temporaire vise à assurer une communication essentielle dans un contexte de perturbations généralisées.