Crues exceptionnelles dans l'Ouest : la vigilance rouge maintenue pour plusieurs départements
Les crues exceptionnelles qui frappent l'ouest de la France depuis plusieurs jours vont encore persister selon les dernières prévisions. Ce samedi matin, la situation reste particulièrement critique avec trois départements toujours placés en vigilance rouge crues, le niveau d'alerte maximal. La Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime restent en alerte maximale tandis que neuf autres départements de la région sont maintenus en vigilance orange.
Angers submergée : au moins 5 000 personnes touchées
À Angers, ville de 160 000 habitants traversée par la Maine, la situation continue de se dégrader. L'eau monte inexorablement et aucune amélioration n'est prévue avant la semaine prochaine selon les autorités municipales. Cette crue, la plus importante depuis celle de 1995, affecte déjà au moins 5 000 personnes directement.
La municipalité a dû prendre des mesures drastiques :
- Fermeture de rues supplémentaires à la circulation
- Installation de parpaings et de planches pour permettre aux riverains de circuler
- Perturbation importante de la circulation des tramways
- Coupure totale de l'accès au pont de Verdun qui relie les deux rives de la ville
L'eau a atteint un niveau si élevé que certaines voûtes du pont ne sont plus visibles, comme l'a constaté un journaliste de l'AFP sur place. Vigicrues précise que la crue « se propagera sur la Loire aval » dans les prochains jours, de Bouchemaine à Oudon, à une vingtaine de kilomètres de Nantes.
Catastrophe agricole en Gironde
En Gironde, la décrue est particulièrement lente selon les autorités. À Baurech, en bord de Garonne, le maraîcher Louis-Maire Palué continue de naviguer en kayak dans ses parcelles complètement inondées. « Les oignons, on les voit un peu flotter, les épinards sont sous l'eau, les fèves, les fenouils, les petits pois. Tout est perdu », constate-t-il amèrement.
Les dégâts matériels sont considérables :
- Environ 15 000 euros de pertes financières directes
- Pertes d'exploitation au niveau des récoltes
- Serres éventrées par la force des eaux
- Temps de préparation des cultures complètement perdu
Intervention militaire en Charente-Maritime
À Courcoury en Charente-Maritime, la gendarmerie a déployé ce samedi matin trois camions 4x4 militaires pour aider les habitants à circuler. Ces véhicules, pouvant transporter jusqu'à 10 personnes, remplacent un tracteur équipé d'une remorque devenu inopérant avec la montée des eaux de la Charente et de la Seugne.
Le préfet du département, Brice Blondel, a expliqué sur place que ces moyens exceptionnels « sont là pour permettre aux gens d'aller travailler, aux enfants d'aller à l'école, aux personnes d'aller se faire soigner, d'aller se ravitailler aussi ».
À Saintes, située à cinq kilomètres de Courcoury, la situation est tout aussi dramatique :
- Dix kilomètres de madriers déposés pour circuler dans les rues inondées
- 1 380 maisons actuellement inondées par la Charente depuis mardi
- Les coefficients de marée importants ralentissent l'écoulement vers la mer
Une crise qui va durer
Le préfet de Charente-Maritime a souligné que « le phénomène est très long à décroître ». Après la phase actuelle de « gestion de crise », une deuxième phase débutera « à partir de la fin de la semaine prochaine » pour accompagner « dans la durée les sinistrés ».
« Le temps de la décrue, c'est aussi le temps de la déprime. Il va y avoir tout l'aspect assurantiel. Et là, les gens vont avoir besoin d'être vraiment accompagnés », a anticipé le préfet, soulignant les défis psychologiques et administratifs qui attendent les populations affectées.
Sur la Maine et la Loire, Vigicrues indique que « les niveaux devraient se stabiliser dans la nuit prochaine de samedi à dimanche », mais la vigilance reste de mise alors que les crues exceptionnelles continuent de se propager sur l'aval des cours d'eau.



