Crue de la Midouze : un contraste frappant entre deux établissements riverains
En ce mois de février 2026, la crue de la Midouze n'a pas touché tous les riverains de la même manière. Alors que la salle de concert CaféMusic est restée parfaitement au sec, le restaurant italien voisin, La Trattoria Peppe, a été contraint de baisser le rideau, submergé par la montée des eaux. Cette divergence illustre l'impact des mesures de prévention et la vulnérabilité persistante face aux aléas naturels.
Le CaféMusic, un exemple de résilience face aux inondations
« Des gens nous ont appelés pour savoir si le concert de samedi était maintenu. Ils pensaient qu'on avait les pieds dans l'eau », raconte un responsable du CaféMusic. Pourtant, la scène de ce lieu de musiques amplifiées, entièrement rénové il y a près de deux ans, a résisté à la crue. Dominique Dussans, le régisseur technique, explique : « Sur le papier, tout a été fait pour » protéger l'établissement. Les modifications incluent :
- La suppression des ouvertures côté rivière.
- L'accès désormais par la cale de la Marine.
- Une vanne fermée lors des crues pour bloquer les remontées d'eau fluviale.
- L'installation de batardeaux devant les portes dès les premières alertes.
Cette fois, la rivière a atteint 5,23 mètres, loin des 7,45 mètres enregistrés lors de la crue majeure de 2021, qui avait inondé le CaféMusic avec plus d'un mètre d'eau. Les leçons tirées ont conduit à des améliorations, comme une console technique allégée à 40 kilos, facilitant sa mise à l'abri.
La Trattoria Peppe, victime des eaux et des coûts
En revanche, le restaurant italien La Trattoria Peppe a subi des dégâts significatifs. L'eau a envahi une salle technique au niveau des quais, endommageant les moteurs des monte-plats. Mohammed Chohra, le patron, déclare : « Il va falloir que je place les moteurs à l'étage pour éviter ce genre de situation. Entre les réparations et l'installation, il y en aura pour plusieurs milliers d'euros. » L'établissement est fermé depuis le 17 février, avec une perte estimée à 6 000 euros par jour, affectant une dizaine d'employés.
Accolée au mur, une canalisation projette de l'eau en continu, aggravant la situation. « J'ai donc une double peine : celle du bon Dieu et celle de ce puits », lâche le restaurateur. Il espère une reconnaissance en catastrophe naturelle pour que les assurances prennent en charge les coûts, tout en regrettant l'absence de visite des élus durant cette crise.
Perspectives et leçons pour l'avenir
Cet épisode met en lumière l'importance des investissements dans la prévention des inondations. Alors que le CaféMusic démontre l'efficacité des rénovations adaptées, La Trattoria Peppe rappelle les risques encourus par les commerces non protégés. La résilience face aux catastrophes naturelles reste un enjeu crucial pour les zones riveraines, nécessitant une collaboration entre propriétaires, autorités et assurances.



