Crue de 2026 : 13,5 millions d'euros pour réparer les digues endommagées en Marmandais
Crue 2026 : 13,5 M€ pour réparer les digues en Marmandais

Crue historique de 2026 : le système de digues du Marmandais-Tonneinquais gravement endommagé

La crue de février 2026, plus haute et plus longue que celle de 2021, a laissé des traces profondes sur le territoire du Marmandais-Tonneinquais. Neuf brèches ont été ouvertes dans le système d'endiguement géré par Val de Garonne Agglomération, tandis que la voirie a subi des dégâts considérables nécessitant près d'un million d'euros de travaux.

Un bilan alarmant pour les infrastructures de protection

Sur les 90 kilomètres de digues sous la responsabilité de l'Agglomération, les équipes ont recensé neuf brèches majeures réparties sur plusieurs communes : trois à Villeton, une à Sénestis, deux à Caumont, une à Taillebourg, une à Sainte-Bazeille (protégeant Jusix) et une à Couthures. « On a aussi beaucoup de désordres à d'autres endroits liés à la surverse, de l'arasement et des dommages en pied de digues », précise-t-on du côté de l'Agglomération.

Au total, le système de protection contre les inondations est impacté sur environ 1,4 kilomètre. La situation est particulièrement critique à Sénestis où la brèche a généré un immense trou de plusieurs mètres de profondeur, laissant le territoire vulnérable à de nouvelles montées des eaux.

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Des dégâts considérables sur les routes et chemins

La voirie n'a pas été épargnée par la puissance des eaux :

  • Près d'un kilomètre de voirie complètement détruit
  • 1,7 kilomètre de routes à reprendre partiellement
  • 9 000 mètres carrés de revêtement routier à refaire
  • Environ 65 kilomètres d'accotements et de fossés à reconstruire

Les premiers travaux ont déjà commencé, notamment à Sénestis où des routes d'accès aux digues ont été reconstruites. Cependant, « pour l'instant on ne peut pas mettre de camion dessus, le sol est trop souple, on doit encore attendre que le niveau de la nappe phréatique baisse », explique-t-on.

Un coût de réparation estimé à 13,5 millions d'euros

Le montant des réparations nécessaires pour les digues s'élève à 13,5 millions d'euros pour une remise en état à l'identique. Cette somme dépasse largement les 6 millions d'euros dépensés après la crue de 2021. « La crue de 2026 a été plus haute et, surtout, a duré bien plus longtemps, avec beaucoup plus de puissance », souligne Jacques Bilirit, président de Val de Garonne Agglomération.

Au pic de la crue, le débit atteignait 6 300 mètres cubes d'eau par seconde (soit 6 300 tonnes par seconde), contre seulement 300 à 400 mètres cubes actuellement. Cette puissance exceptionnelle explique l'ampleur des dégâts subis par les infrastructures de protection.

Une course contre la montre avant l'hiver prochain

L'objectif est clair : tout remettre en ordre avant l'hiver prochain, comme cela avait été réalisé en 2021 avec des travaux terminés au 15 octobre de la même année. Forte de l'expérience précédente, l'Agglomération a anticipé en passant les marchés avec les entreprises sans attendre la décrue.

Mais les travaux s'annoncent complexes : « On fait en parallèle un travail de recherche de gisement de terre et d'argile particulières pour bâtir des digues. À Sénestis, avant de combler les cratères, on va devoir reconstituer le lit de la nappe phréatique ». Ces opérations nécessiteront des milliers de camions sur les petites routes locales, avec des conséquences supplémentaires sur la voirie déjà fragilisée.

Un système de protection vulnérable face aux risques printaniers

En attendant la fin des travaux, le système d'endiguement reste particulièrement vulnérable. « En cas de crue printanière, nous ne sommes actuellement plus en capacité de garantir le niveau de sécurité assuré jusqu'à présent », alerte Jacques Bilirit, qui a écrit à tous les maires du territoire pour les informer de cette situation critique.

La question des crues printanières, liées à la fonte des neiges, préoccupe particulièrement les responsables locaux. Au niveau des brèches actuelles, l'inondation atteint déjà 6 mètres, soit le niveau du sol naturel.

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Le financement : une question cruciale et non résolue

Le véritable défi réside dans le financement des réparations. « Sur cette inondation, il n'y a pas une intercommunalité qui a des dégâts à hauteur de 13 millions d'euros. C'était la même chose en 2021 », rappelle le président de l'Agglomération. À l'époque, l'État avait participé à hauteur de 23%, mais cette fois, « on n'y arrivera pas, on ne pourra pas financer ».

Jacques Bilirit dénonce une injustice fondamentale : « Notre territoire reçoit l'eau d'un bassin-versant de 50 000 km², soit un dixième de la France, des Pyrénées au Massif central. Nous sommes l'intercommunalité qui a le plus grand bassin d'expansion de crues. L'injustice réside dans l'absence de solidarité financière des territoires en aval et ceux en amont que nous protégeons ».

Un espoir législatif pour une solidarité territoriale

Un espoir subsiste cependant avec une proposition de loi transpartisane qui sera examinée au Sénat en avril. Ce texte prévoit :

  1. L'instauration de mécanismes de solidarité financière entre territoires amont et aval à l'échelle des bassins-versants
  2. La garantie d'un soutien à 80% sur les ouvrages via le fonds Barnier jusqu'en 2035

En attendant cette éventuelle solution, Val de Garonne Agglomération continue de se battre pour obtenir des financements, ayant déjà rencontré le président de la Région, l'Agence de l'eau et les représentants de l'État. Mais le temps presse, et les travaux urgents doivent avancer malgré l'incertitude financière qui plane sur ce chantier crucial pour la sécurité des populations locales.