Fin avril, Isabelle Gajac, maire de Couthures-sur-Garonne, a procédé au retour d’expérience (RETEX) de la crue survenue du 11 au 22 février. Avec un pic à 9,65 mètres, les effets de la tempête Nils et une longue coupure de courant, le village, inondé à 99 %, a été reconnu en état de catastrophe naturelle.
Un bilan humain et matériel lourd
« Les Sauveteurs de Couthures avaient parfois des missions les empêchant de rendre visite à tout le monde, restons bienveillants, l’entraide est importante, 46 bénévoles ont géré la crise avec 10 bateaux », a rappelé l’édile. Le bilan matériel est lourd : sur 210 maisons, 180 ont été submergées, tout comme 10 bâtiments agricoles et artisanaux. Une centaine de véhicules ont pu être sécurisés. Concernant la population, sur 360 habitants, 31 ont quitté leur logement et 170 familles ont été touchées. Une personne a été évacuée par les pompiers et 22 par la réserve communale.
Une organisation de crise efficace
Cette dernière a effectué 70 transports de carburant (1 600 litres), de nourriture et de médicaments, tout en assurant la recharge des téléphones. Une dizaine de groupes électrogènes ont été prêtés à la commune. L’un d’eux, installé sur un bateau, alimentait le poste de commandement de la mairie. Durant la crise, 4 000 SMS et 16 bulletins informatifs ont été envoyés aux Couthurains.
Prévention et sécurité
Jean-Michel Moreau et Didier Pouchet insistent : « On doit respecter ce qui a été préparé par secteurs avec les référents. Il faut avoir le gilet, être très prudent sur l’eau, les portails et panneaux sont immergés. Dès l’alerte, il faut suivre les consignes du Dicrim (Document d’information communal sur les risques majeurs) : avoir des provisions et du matériel, réserves d’eau, piles… » Isabelle Gajac suggère également la préparation d’un « kit inondation ».
La prudence a été rappelée concernant l’usage des génératrices, des bougies, du gaz et le stockage des bidons d’huile pour éviter toute pollution.
La question des animaux
La question des bêtes a aussi été soulevée. « L’abandon des animaux est un problème majeur. Leur évacuation est aussi une priorité », a souligné la maire. Il a parfois fallu amadouer des chiens pour les sauver. « Les animaux laissés : il faut saisir la justice ! », a lancé un jeune participant.
Préparer l'avenir
L’ancien maire a toutefois tenu à avertir l’assemblée : « Ça peut être pire, prévoir un mètre de plus pour la prochaine crue ! Tout ce qu’on peut, on le met à l’étage. » Pour l’avenir, la sécurisation des digues et la gestion des surverses sont au cœur des préoccupations. Une demande de collaboration à l’échelle du bassin-versant, via la création de bassins de rétention, est actuellement étudiée au Sénat. La salle des Aigats, où s’est tenu le RETEX, et le garage des Sauveteurs, lieu de rassemblement pendant la crue, restent des symboles de la résilience du village.



