Au lendemain de l'incendie qui a ravagé les hauteurs de Vence, la route du col a rouvert et les cyclistes ont retrouvé leurs parcours, mais les sapeurs-pompiers restent en alerte pour éteindre les points chauds. L'incendie, qui s'est déclaré samedi 15 août 2026, a parcouru environ 30 hectares, dont un peu plus de 20 ont effectivement brûlé, selon le colonel Patrick Lebouchard, responsable des opérations de secours.
Un dispositif maintenu pour traquer les points chauds
Ce dimanche matin, le ballet des cyclistes a repris sur les lacets menant au col de Vence. La route, coupée la veille, a été rouverte par les gendarmes. Mais à mesure que l'on prend de l'altitude, une forte odeur de brûlé s'immisce par les fenêtres des voitures. Plus haut, quelques camions de pompiers sont stationnés sur le bord de la route, prêts à affronter toute reprise.
Le drone du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS 06) vient de se poser au PC de crise, installé sur le parking du ball-trap, après une reconnaissance. Le feu est fixé depuis samedi vers 20 heures, mais l'intervention n'est pas terminée. « Il y a encore des points chauds », explique le colonel Patrick Lebouchard. Dans ce paysage de roches et de végétation rase, quasi lunaire, les pompiers poursuivent leur travail, mètre après mètre, dans une zone inaccessible. « Il va falloir encore qu'on gratte, qu'on éteigne et qu'on continue à faire toutes ces lisières. »
Trois priorités pour contenir les flammes
Tout a commencé samedi, peu avant 13 heures, au-dessus du ball-trap. Ici, personne ne croit à un départ accidentel. Une enquête est ouverte et les gendarmes recueillent tous les indices. Lorsque les premiers secours arrivent, le feu se propage déjà en direction du col dans des zones reculées, invisibles depuis la route. Par précaution, les pompiers prennent position autour d'un ranch tout proche. La départementale et quelques pistes permettent de pénétrer dans le massif, mais une partie du feu se trouve dans un secteur impossible à atteindre avec les camions. « Quand on n'a pas d'accès avec nos véhicules, c'est plus compliqué et plus long à atteindre », souligne le colonel.
Les trois hélicoptères bombardiers d'eau du département sont rapidement engagés. Au sol, les moyens de Force 06 et les sapeurs forestiers viennent renforcer le dispositif. Trois priorités sont alors fixées : protéger les points sensibles, notamment deux centres équestres, contenir les flancs et, surtout, empêcher les flammes de franchir la crête. Car derrière cette ligne naturelle, le scénario aurait pu être tout autre. « Au-delà de cette crête, il y avait plus d'une centaine d'hectares menacés, dans des secteurs très difficiles d'accès », insiste le colonel.
Des renforts nationaux et un bilan nuancé
Les moyens nationaux sont appelés en renfort. Un Puma, hélicoptère bombardier d'eau lourd, appartenant à la dotation nationale, rejoint les appareils départementaux. Puis un Dash intervient sur la tête du feu, effectuant trois largages de 10 000 litres de retardant chacun. Ce produit rouge, déversé sur la végétation et les roches, contribue à stopper la progression des flammes sur la crête.
Au lendemain de l'incendie, le bilan est d'environ 30 hectares parcourus par les flammes, dont un peu plus de 20 hectares effectivement brûlés. Cette différence s'explique par la nature du terrain. « Dans cette enveloppe de 30 hectares, certaines parties n'ont pas brûlé. Soit parce qu'il y a de la roche, soit parce que certaines zones d'herbe ou même des arbres ont été épargnés et que le feu est passé autour », précise le colonel Patrick Lebouchard. Depuis la route, les cicatrices ne sautent pas aux yeux, car le relief masque la zone touchée où la roche omniprésente se mêle aux plaques de végétation noircies. Pour les pompiers, reste un travail de patience : traquer les points chauds et surveiller le massif.



