Depuis 70 ans, le littoral français a été le théâtre de nombreux échouages de cargos, souvent victimes de violentes tempêtes. Ces accidents, parfois tragiques, ont marqué l'histoire maritime de la région. Retour sur les principaux événements.
Les premiers naufrages (1946-1969)
Le 4 septembre 1946, le cargo américain « David Caldwell », pris dans une violente tempête au large de l'estuaire de la Gironde, s'échoue sur un banc de sable devant La Coubre (17) et se brise. Le 17 novembre 1963, le cargo espagnol « Nano », long de 118 mètres et pesant 4 500 tonneaux, est poussé par une tempête vers le rivage de l'île de Ré où il finit par s'échouer sur le sable.
Le 5 décembre 1969, le cargo grec « Evlalia » s'échoue à Capbreton (40) alors qu'il croyait entrer dans le port de Bayonne. Vers 11 heures, l'énorme navire tente d'accoster malgré les cris des pêcheurs, mais il s'ensable à midi à cinquante mètres de la plage landaise, près de la jetée de l'Estocade. Dix jours plus tard, le 15 décembre 1969, le « Romulus » est pris dans une tempête d'ouest-nord-ouest qui balaie le golfe de Gascogne. Il s'échoue sur la côte basque à l'embouchure de l'Adour, face au port de Bayonne, et se brise sur les récifs, se coupant en deux.
Les années 1970 : une décennie mouvementée
Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1976, une énorme tempête se déchaîne sur le golfe de Gascogne. Le « Virgo », un cargo transportant du phosphate, quitte Lisbonne pour Bayonne. Ballotté par des vagues immenses, il ne peut plus manœuvrer et s'échoue sur la plage de Mimizan (40). Quelques heures plus tard, le pétrolier « Appollonian-Wave » s'échoue à son tour à ses côtés. Le 4 décembre 1976, une nouvelle tempête avec des vents de 150 km/h et des creux de 14 mètres frappe le golfe. Le « Ruben », cargo panaméen de 72 mètres et 1 384 tonneaux, subit une panne moteur. Parti de Bayonne pour Dunkerque avec du sucre, il dérive et s'échoue sur la plage du Penon à Seignosse (40) vers 23 heures. L'équipage est secouru le lendemain matin par deux hélicoptères.
Le 22 novembre 1977, le caboteur panaméen « Chaton » dérive dans une mer forte et s'échoue au pied de la falaise d'Urrugne (64). Trois membres de l'équipage perdent la vie lors de ce naufrage.
Les échouages récents (1996-2008)
Le 20 novembre 1996, le « Frans-Hals », un chalutier usine ukrainien de 103 mètres, s'échoue sur la plage du Miramar à Biarritz (64). Le 12 octobre 1997, le cargo « Capetan-Tzannis » rompt son mouillage et s'échoue sur la plage de la Madrague à Anglet (64), provoquant une pollution aux hydrocarbures qui nécessite un nettoyage urgent.
Le 24 octobre 2006, le « Rokia Delmas », un porte-conteneurs de la CMA-CGM, s'échoue au large de l'île de Ré (17). Avec des vents atteignant 115 km/h et des creux de 6 mètres, le navire, en avarie de machine, est drossé sur la côte sud de l'île. Il transporte notamment des fèves de cacao, du bois et plus de 500 tonnes de fioul lourd. L'équipage est hélitreuillé, mais le commandant et cinq membres restent à bord pour les investigations. Enfin, le 10 mars 2008, le cargo « Artemis » de 88 mètres s'échoue sur la grande plage des Sables d'Olonne (85), poussé par la marée et le vent. Il reste échoué plusieurs jours avant d'être remorqué par les Abeilles.
Ces événements rappellent la puissance des tempêtes et les dangers de la navigation côtière. Plongez au cœur de nos archives pour revivre ces moments historiques.



