L’administration Trump a intensifié ses attaques contre les parcs nationaux américains, ciblant des sites emblématiques comme Yosemite, Big Bend et l’Utah. Selon des documents internes et des témoignages d’employés, ces actions incluent des réductions de personnel, des restrictions d’accès et une remise en question des protections environnementales.
Des coupes budgétaires sans précédent
Le National Park Service (NPS) a vu son budget réduit de 12 % pour l’année fiscale 2026, selon des sources internes. Cette diminution entraîne la fermeture de certains centres d’accueil, la suspension de programmes éducatifs et une réduction des patrouilles de rangers. À Yosemite, le nombre de rangers saisonniers a été réduit de 30 %, ce qui allonge les temps d’attente aux entrées et limite les interventions en cas d’urgence.
À Big Bend, au Texas, les restrictions sont encore plus drastiques. Le parc a annoncé la fermeture de deux campings sur cinq et la réduction des horaires d’ouverture de ses sentiers de randonnée. Les employés locaux dénoncent une « mise sous tutelle » du site, qui accueille pourtant plus de 500 000 visiteurs par an.
Une offensive contre les protections environnementales
Dans l’Utah, l’administration a proposé de réduire la superficie des monuments nationaux de Bears Ears et Grand Staircase-Escalante, qui avaient été agrandis sous l’administration Obama. Cette décision vise à ouvrir ces terres à l’exploitation minière et pétrolière, une demande de longue date des industriels locaux. Selon le secrétaire à l’Intérieur, Doug Burgum, « ces terres doivent servir au développement économique de l’Amérique ».
Les défenseurs de l’environnement, comme le Sierra Club, ont qualifié ces mesures de « pillage des joyaux naturels du pays ». Ils soulignent que ces parcs génèrent des milliards de dollars de retombées économiques pour les communautés locales, notamment grâce au tourisme.
Des conséquences sur la biodiversité et le tourisme
Les coupes budgétaires affectent également les programmes de protection de la faune. À Yosemite, le suivi des populations d’ours noirs a été suspendu, et à Big Bend, les équipes de lutte contre les espèces invasives ont été dissoutes. Les scientifiques craignent une dégradation irréversible des écosystèmes.
Le tourisme, qui représente 300 000 emplois directs dans les régions proches des parcs, est aussi menacé. Les hôteliers et les guides locaux constatent déjà une baisse de fréquentation de 15 % depuis le début de l’année, selon une enquête de l’association des professionnels du tourisme de l’Ouest.
Les prochaines étapes de cette offensive pourraient inclure la privatisation de certains services, comme la gestion des campings et des concessions, une idée défendue par plusieurs élus républicains.



