Étang de Thau : résilience confirmée malgré cinq canicules
Thau : résilience confirmée malgré cinq canicules

Malgré cinq épisodes de canicule successifs depuis fin juin, l’étang de Thau n’a pas déclenché d’anoxie estivale, confirmant sa résilience face au réchauffement climatique. Deux alertes d’hypoxie ont toutefois été enregistrées en août, mais le vent a permis de brasser l’eau et d’écarter le risque de malaïgue, une bonne nouvelle pour les conchyliculteurs du bassin.

Un été sous haute tension thermique

L’été 2026 restera dans les annales pour ses épisodes remarquables de très fortes chaleurs. Pas moins de cinq canicules se sont succédé depuis fin juin, avec une eau approchant dès le début de l’été les 30 degrés. Toutes les conditions étaient réunies pour une nouvelle catastrophe écologique et économique, comme celles de 1990, 2003 et 2018.

En 2018, avec une eau à plus de 30 °C, la quasi-totalité des moules et 4 000 tonnes d’huîtres, représentant un tiers de la production annuelle du bassin, avaient été tuées. Cette année, la lagune a résisté. « Malgré la canicule marine, la lagune a tenu, confirmant que sa restauration lui permet de résister de mieux en mieux face à des phénomènes de plus en plus extrêmes », explique Romain Pete, chef de projet réseau d’observation lagunaire au Syndicat mixte du bassin de Thau (SMBT).

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Deux alertes d’hypoxie contenues en août

Le couperet est pourtant passé près. À plusieurs reprises, les relevés ont pointé des baisses inquiétantes du niveau d’oxygène dans l’eau. Une première alerte a eu lieu mi-août, avec des sondes affichant, sur des bordures entre Bouzigues et Mèze, un taux inquiétant de 0,33 milligramme d’oxygène par litre d’eau, en situation d’anoxie (moins de 0,5 mg). Mais un coup de vent a permis de brasser l’eau et d’écourter le phénomène.

Une seconde alerte s’est produite le vendredi 21 août, dans la zone conchylicole mézoise, où des eaux blanches localisées sont apparues. « On a eu des données à 0,6 – 0,7 milligramme d’oxygène par litre d’eau. Là encore, le vent s’est levé en fin de journée, permettant une remontée des niveaux en oxygène et, une nouvelle fois, d’écarter le risque », précise Romain Pete.

Des mortalités de poissons mais pas de lien direct

L’été n’a pas été neutre pour autant. Des mortalités de poissons ont été signalées en début de saison près de la crique de l’Angle, à Balaruc-le-Vieux. Mais aucun lien direct n’a pu être fait avec la température élevée de l’eau. Le Comité régional conchylicole de Méditerranée (CRCM) évaluait ces derniers jours de possibles dégâts sur les tables mézoises, suite à l’hypoxie de vendredi dernier. Mais, à l’arrivée, le pire semble évité.

« Il y a 20 ans, les mêmes conditions auraient provoqué une vraie malaïgue, estime Thierry Baëza, président du SMBT. L’étang de Thau est en bonne santé. Il s’adapte au réchauffement climatique. Il y a eu très peu de mortalité de naissains, et même d’huîtres adultes. L’herbier, de plus en plus important, apporte sa pierre à l’édifice. Beaucoup de travail a été fait également en matière d’assainissement. Mais il ne faut pas baisser la garde pour autant car un incident sur les réseaux peut survenir à tout moment. »

Une vigilance renforcée pour l’avenir

La vigilance s’impose d’autant plus que l’étang de Thau et son climat méditerranéen cumulent les vulnérabilités. Outre sa sensibilité à la sécheresse, elle est notamment l’une des très rares lagunes, en France, à être confrontée à la menace du phénomène d’inversac : l’intrusion d’eau saline dans l’aquifère, via la source sous-marine de la Vise, avec ses conséquences sur les réserves d’eau douce.

Un dispositif de surveillance renforcée est déployé chaque été pour avoir des mesures en temps réel via des sondes et des prélèvements. Coordonné par le SMBT, il fait intervenir en partenariat Sète Agglopôle (mesures en rive nord), le CRCM (sondes haute fréquence), l’Ifremer et le Cépralmar (analyses complémentaires).

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