Étangs du littoral : pêche, loisirs, biodiversité, un équilibre fragile
Étangs du littoral : un équilibre fragile entre usages

Les étangs du littoral montpelliérain, comme ceux de Palavas ou de l'Or, sont des espaces partagés entre pêcheurs, plaisanciers, sportifs et amoureux de la nature. Mais cette cohabitation n'est pas toujours simple : des tensions ont conduit à des restrictions, et la réglementation varie selon les sites. Pour comprendre ce qui est autorisé ou interdit, il faut se référer aux règles édictées par le préfet maritime et les gestionnaires locaux.

Un cadre réglementaire complexe

Le préfet maritime, basé à Toulon, est compétent sur toutes les eaux maritimes françaises de Méditerranée, comme le confirme Pierre-Luc Lecompte, directeur adjoint délégué à la mer et au littoral à la DDTM de l'Hérault. Il intervient sur les étangs salés connectés à la mer pour réglementer la navigation, protéger l'environnement marin et encadrer les usages professionnels et de loisirs. Les lagunes littorales sont de véritables terrains de jeu, mais tout le monde n'y a pas les mêmes règles.

Ces étangs sont d'immenses réservoirs de vie, comme l'étang de Thau avec ses 7 500 hectares, partagés entre 8 communes. L'étang du Méjean, le plus grand des étangs palavasiens, est dix fois moins vaste avec 730 hectares, soit l'équivalent de 1 000 terrains de football. Les neuf étangs palavasiens forment un chapelet de lagunes de 4 000 hectares, de Montpellier à Frontignan, traversés par le canal du Rhône à Sète.

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Des usages parfois conflictuels

Pêcheurs, conchyliculteurs, plaisanciers, kayakistes ou chasseurs maritimes s'y côtoient, parfois avec des tensions. À l'étang d'Ingril, la promiscuité entre pêcheurs professionnels et amateurs de kitesurf, wingfoil, planche à voile, paddle ou kayak a conduit à des altercations physiques avec détérioration de matériel en 2023. En juin dernier, un arrêté préfectoral a fermé le site à la pratique libre, en attendant une étude sur la capacité de charge du site, intégrant la priorité donnée à la pêche professionnelle, comme établi par le SCOT.

Sur d'autres étangs comme Vic, l'Arnel, Pierres Blanches ou le Méjean, classés Natura 2000, les engins tractés par le vent sont interdits, mais la plaisance non motorisée est encadrée. Globalement, les étangs palavasiens sont interdits à la baignade, à la navigation en tout genre et à la pêche de loisirs, sauf pour les pêcheurs de la Prud'hommie locale. Pour les sports de loisirs, seul le club Palavas Kayak de mer est autorisé à proposer des balades sur le Méjean, ou l'Échappée verte sur l'étang de l'Or. La vitesse est limitée à 5 nœuds (moins de 10 km/h).

Des amendes salées et des recommandations

Les étangs palavasiens, moins profonds que Thau avec ses 15 mètres de fond, sont plus sensibles à la concentration des activités. Ils s'envasent progressivement, réduisant leur profondeur, qui par endroits n'est que de 50 centimètres. Pierre-Luc Lecompte résume : « La règle reste la liberté et la possibilité de tous les usages, tant que tout se passe bien. » La signalétique diffère selon les communes et les gestionnaires, et l'amende peut être salée, de 500 € à plusieurs milliers d'euros.

Pour éviter les erreurs, le mieux est de passer par un club, de faire un détour par l'Office du tourisme ou la mairie. Les sentiers balisés offrent un spectacle garanti. Quant aux mordus de glisse, les vagues les attendent côté mer.

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