RAMOGE : Monaco, France et Italie en exercice antipollution pour 50 ans
RAMOGE : Monaco, France et Italie en exercice antipollution

À quai, les silhouettes imposantes des navires antipollution témoignent de l'ampleur des moyens mobilisés. À Monaco, la célébration des 50 ans de l'accord RAMOGE prend une dimension concrète avec la présence, sur la nouvelle digue, ce jeudi 25 juin, d'une partie des navires d'intervention utilisés pour les différentes missions en mer ou pour les exercices comme celui qui a lieu ce 26 juin dans les eaux monégasques. Deux bateaux ont été présentés au prince Albert II et aux délégations monégasque, française et italienne. Les équipages de L'Abeille Méditerranée et du U Diciotti ont pu rencontrer le Prince et décrire les missions des bâtiments.

Une coopération modèle entre trois pays

Signé à l'initiative du prince Rainier III, le 10 mai 1976, l'accord RAMOGE unit la France, Monaco et l'Italie autour de la protection du milieu marin. « Nos trois pays ont fait œuvre de pionniers en inventant l'un des premiers accords régionaux pour l'environnement », souligne le vice-amiral d'escadre Christophe Lucas, préfet maritime de la Méditerranée. Son nom reprend les premières lettres des villes de Saint-Raphaël (limite ouest), Monaco et Gênes (limite est). Depuis, l'accord s'est progressivement renforcé et s'étend désormais de Marseille à La Spezia. « Aujourd'hui encore, RAMOGE est un accord unique de coopération sous-régionale permettant de mettre en œuvre des mesures de protection de la biodiversité en s'intéressant au bon état écologique des milieux marins », décrit Florent Champion, secrétaire exécutif de la commission RAMOGE. Prévention, surveillance, mais aussi intervention en mer : le dispositif permet d'être réactif en cas de crise et le plus efficace possible.

Des moyens d'intervention à la hauteur des enjeux

Au cœur de cette visite précédant l'exercice en mer, le Prince et l'ensemble des délégations ont pu observer le matériel utilisé et écouter les explications des membres d'équipage sur les rôles précis de chacun des bateaux. L'Abeille Méditerranée, navire français, joue un rôle central, celui de remorqueur d'urgence pour les navires en difficulté en mer. « Nous intervenons en amont pour éviter tout risque de naufrage et par conséquent de pollution maritime », précise le commandant du navire, Bruno Costes-Beau. Imaginée pour être active en haute mer et entrée en service en 2021, l'Abeille Méditerranée est capable d'opérer dans des conditions extrêmes avec, « pour le détail technique, une capacité de traction au point fixe de 280 tonnes, globalement on peut tout tracter », précise le commandant. L'idée est donc d'éviter absolument un échouement et plutôt d'évacuer le navire en difficulté ou, a minima, de le maintenir stable.

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Le second navire visité, le U Diciotti, est quant à lui un navire polyvalent avec pour rôle de repérer et de contenir les pollutions maritimes pour mieux les endiguer. Dans le cadre de RAMOGE, un tel bâtiment fait partie d'une flotte complémentaire et mise à disposition par les États signataires lors des interventions antipollution. « Face à la mer, aucun État ne peut agir seul », insiste Christophe Lucas, soulignant la nécessité d'une action coordonnée.

Prévenir et s'entraîner

L'exercice RAMOGEPOL, organisé cette année dans les eaux monégasques, constitue l'un des moments forts de cette coopération internationale, mobilisant chaque année des moyens humains et matériels importants des trois pays afin de simuler des scénarios de pollution maritime. « Ces simulations ne sont pas de simples exercices de style, elles permettent d'améliorer la rapidité d'intervention en cas de crise réelle et de codévelopper de nouvelles solutions techniques », rappelle le préfet maritime français. Avec l'augmentation du trafic maritime et la taille croissante des navires, les risques évoluent. « Les défis sont de plus en plus importants, ce qui impose d'adapter en permanence nos moyens et d'être opérationnels pour chaque situation », développe le commandant Bruno Costes-Beau. « Après 50 ans, le plus grand piège serait l'habitude », abonde Christophe Lucas pour justifier la tenue de ces exercices en mer.

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Sensibiliser les jeunes générations

Au-delà de ces opérations sur le terrain, la commission RAMOGE fait aussi passer des messages aux plus jeunes pour sensibiliser sur l'importance de la protection des écosystèmes marins. Cela passe par des actions auprès de collégiens et lycéens. Pour l'exercice, une centaine d'entre eux sera accueillie, avec comme ambition, pour Florent Champion, de leur « montrer concrètement que cette coopération et ses actions sont essentielles et ce que cela implique comme déploiement de moyens ».