Le gouvernement a annoncé ce jeudi une nouvelle période d'interdiction de la pêche dans le golfe de Gascogne en 2027, afin de protéger les dauphins. Cette mesure, qui s'inscrit dans le cadre du plan de sauvegarde des cétacés, prévoit une fermeture de quatre semaines, du 15 janvier au 15 février 2027, pour les navires de plus de 8 mètres utilisant des engins de pêche jugés dangereux pour les dauphins.
Une décision contestée par les pêcheurs
Les représentants des pêcheurs ont immédiatement exprimé leur mécontentement, estimant que cette interdiction est trop longue et qu'elle aura des conséquences économiques désastreuses pour la filière. Ils demandent des mesures alternatives, comme l'installation de dispositifs répulsifs sur les filets. De leur côté, les associations environnementales saluent cette décision, mais jugent qu'elle ne va pas assez loin et réclament une fermeture plus étendue, notamment en hiver, période où les échouages de dauphins sont les plus nombreux.
Un bilan alarmant
Selon les scientifiques, environ 10 000 dauphins meurent chaque année dans le golfe de Gascogne, victimes de captures accidentelles dans les filets de pêche. Les échouages sur les côtes françaises ont atteint des records ces dernières années, avec plus de 1 200 carcasses recensées en 2025. Le gouvernement assure que cette mesure est nécessaire pour inverser la tendance et préserver la biodiversité marine.
Les modalités de l'interdiction
La fermeture concernera les navires de pêche de plus de 8 mètres utilisant des chaluts, des filets maillants ou des palangres. Les petits navires de moins de 8 mètres, ainsi que ceux utilisant des techniques de pêche sélectives, seront exemptés. Des contrôles renforcés seront mis en place pour garantir le respect de l'interdiction, avec des sanctions pouvant aller jusqu'à 15 000 euros d'amende et la suspension du permis de pêche.
Un plan d'accompagnement pour les pêcheurs
Pour atténuer l'impact économique de cette mesure, le gouvernement a prévu un fonds d'indemnisation de 20 millions d'euros, destiné à compenser les pertes de revenus des pêcheurs concernés. Des aides à la formation et à la conversion vers des techniques de pêche plus durables seront également proposées. Les pêcheurs pourront bénéficier de ces dispositifs sous condition de participer à des programmes de suivi scientifique.
Cette annonce intervient alors que la Commission européenne examine la possibilité d'imposer des mesures similaires à l'échelle de l'Union européenne, pour protéger les cétacés dans l'ensemble des eaux européennes. La France, qui préside actuellement le Conseil de l'UE, souhaite montrer l'exemple en matière de protection de la biodiversité marine.



