Depuis six saisons, les ânes de Pampelonne accompagnent les agents communaux de Ramatuelle dans le nettoyage quotidien de la plage. Chaque jour, de 5 h à 10 h 30, ils parcourent 4,5 hectares pour ramasser entre 9 et 15 kg de déchets, avec des pointes à 25 kg. Cette méthode, privilégiée par la municipalité, vise à remplacer progressivement les engins mécaniques afin de préserver l'environnement.
Une équipe atypique au service de la plage
Guillaume Olivier, ânier municipal pour la sixième année consécutive, commence ses journées dès 5 h. Il équipe ses ânes – Princesse, Hola, Justin, Valentin et Malena – avant de partir à pied avec son collègue Laurent Bruno, également employé municipal. Ensemble, ils arpentent la plage de Pampelonne du 2 mai au 30 septembre, en binôme avec les animaux.
« On a commencé en plein Covid quand le maire actuel, qui était adjoint, a émis l'idée de prendre des ânes pour aller nettoyer les plages. J'étais le seul volontaire, il n'y a pas eu de jaloux ! Une fois le projet validé, je suis parti suivre une formation complète durant trois semaines en Corse », raconte Guillaume Olivier.
Un ramassage minutieux et des rencontres surprenantes
Le travail commence à l'aube, vers 6 h, pour éviter la chaleur et l'affluence. Les agents longent le bord de mer à l'aller et surveillent les ganivelles au retour. La zone la plus critique se situe devant les campings et les boîtes de nuit. Les déchets ramassés sont variés : mégots, bouteilles vides, bouchons de crèmes solaires, plastiques, lunettes de plongée, sous-vêtements et chaussures.
Les vacanciers, intrigués, s'approchent souvent pour caresser les animaux. « On peut les caresser ? C'est super ce que vous faites pour la plage ! Attendez, il y a une bouteille là-bas, je vous la ramène... », lance un groupe de jeunes. Les échanges sont fréquents, et les agents partagent parfois des cafés avec les plagistes en pleine installation. Ce jour-là, la collecte atteint 14 kg, après 5 h 30 de marche et plus de 15 000 pas.
Vers un remplacement des cribleuses ?
La municipalité envisage de remplacer intégralement les cribleuses par le nettoyage manuel. « C'est l'avenir, je me suis battu pour avoir ces ânes, se félicite Jean-Pierre Fresia. Nous sommes dans un espace naturel remarquable et la machine déstructure le paysage. »
Guillaume Olivier émet toutefois des réserves sur l'efficacité de la cribleuse pour les déchets anthropiques. « Au lieu de les embarquer, le véhicule les enterre et tasse le sable », analyse-t-il. Il souligne aussi la baisse des déchets depuis le retrait des poubelles de la plage : « Six ans en arrière, on remplissait entre quatre et six sacs. Aujourd'hui on est passé à un ou deux. Utiliser la machine pour si peu, c'est consommer et augmenter notre empreinte carbone inutilement. »
Guillaume recherche une troisième personne pour la saison prochaine, car le saisonnier qui les accompagnait n'a pas pu revenir. « On manque de moyens humains et lors de nos deux jours de repos, personne ne passe », confie-t-il.



