Palmarès des villes animal friendly : le bien-être de tous les animaux désormais pris en compte
Palmarès animal friendly : place à tous les animaux

Pendant des années, les politiques « animal friendly » ont surtout concerné les chiens : caniparcs, accès aux transports, propreté ou espaces de promenade. Une vision jugée trop étroite. « Jusqu’alors exclusivement centré sur le chien, le Palmarès change de regard : il s’ouvre désormais à l’ensemble des animaux vivant en ville, ainsi qu’à la biodiversité urbaine », explique Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 millions d’Amis, à l’occasion de la 11e édition de son palmarès des villes « Animal friendly », jeudi 23 avril.

Le message est clair : la ville n’abrite pas seulement des toutous, mais aussi des pigeons, moineaux, hérissons, chauves-souris ou insectes pollinisateurs. Pour Anne-Laure Meynckens, experte en politiques animales locales : « L’élargissement est évidemment nécessaire, les animaux, ce ne sont pas que les chiens, ce sont aussi tous les autres. »

Pigeons, hérissons, chats errants…

Certaines collectivités ont déjà pris ce virage. « Les humains ne sont pas seuls, et nous avons la responsabilité de coexister avec tout ce monde-là. Y compris les animaux liminaires, comme les rats ou les pigeons, qui ont un capital sympathie plus faible », explique Anne-Laure Meynckens.

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À Lille, des pigeonniers contraceptifs ont été installés pour réguler les populations de pigeons sans abattage. Ce dispositif permet une stérilisation manuelle. On secoue les œufs pour interrompre le développement de l’embryon ou on les remplace par d’autres, factices. D’autres villes développent nichoirs, hôtels à insectes ou zones refuges dans les parcs. C’est le cas de Boulogne-Billancourt, deuxième du classement, qui est notamment saluée pour sa politique envers les félins sans propriétaire. « C’est aussi sur le terrain de la gestion éthique des chats errants que la ville d’Île-de-France se distingue », félicite Reha Hutin. « Notre podium montre la place que les Boulonnais font aux animaux, notamment celle des chats qu’on voit moins », souligne Yann-Mael Larher, adjoint au maire. « On a beaucoup de chats perdus et donc de nombreuses actions en faveur des maîtres qui sont peinés. »

Un bien-être indissociable

Pour les spécialistes, l’enjeu dépasse la seule cause animale. Catherine Girard, directrice de la cohésion sociale du CCAS d’Amiens, y voit même un indicateur plus global : « Le lien entre la qualité de vie d’une ville et son traitement des animaux est évident. C’est aussi la manière dont on pense la ville pour permettre à tout le monde de bien vivre. » En effet, pour elle, une ville qui prend soin de ses animaux prend soin de ses habitants.

Cependant, on peut toujours mieux faire pour Anne-Laure Meynckens : « Il est tout à fait possible pour une collectivité d’avancer sur le bien-être animal en choisissant certains critères dans les marchés publics alimentaires, ou en végétalisant les assiettes. » Derrière ce palmarès, la ville amie des animaux ne se limite donc plus au chien de compagnie. Elle commence à regarder l’ensemble du vivant qui partage déjà l’espace urbain. « Une ville animal friendly, pour moi, c’est une ville qui intègre les animaux dans toutes les politiques publiques », résume Catherine Girard.

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