Sur le territoire de la Riviera française, trois communes abritent des aires terrestres éducatives (ATE) gérées par des élèves du CM1 à la 6e. Le principe : mener un projet de connaissance et de préservation de l’environnement à une toute petite échelle. En 2026, le Parc national du Mercantour compte six ATE actives, gérées par des élèves du CE2 au CM2, dont trois se trouvent sur ce territoire. Le 4e numéro de la Gazette des ATE, édité par l’institution, détaille les réalisations des enfants.
À Breil, une haie fruitière pour restaurer les berges de la Roya
Les élèves de Breil ont créé une haie fruitière à l’Aïgara. « Notre ATE est en bord de rivière. Son écosystème a complètement été bouleversé lors de la tempête Alex. L’eau a arraché les arbres et emporté la terre des berges. Nous avons alors décidé de planter une haie ripisylve, c’est-à-dire une forêt longeant le cours d’eau », expliquent-ils. Des boutures de saule et de cornouiller ont été plantées en contrebas de la berge, tous les deux mètres. « Ces arbres d’eau constituent une première barrière à l’érosion. Ils sont parfaitement adaptés à leur environnement. »
Avec l’aide de la Réserve communale de sécurité civile (RCSC), les écoliers ont conçu une haie fruitière en haut de la berge, en respectant un ordre précis : « Nous avons placé un arbre fruitier, un arbuste (fabacée ou éléagnacée), un arbre à feuillage persistant, un autre arbuste et de nouveau un arbre fruitier tout au long de la rive. » Chaque espèce présente une utilité différente, soulignent-ils. « Les arbustes enrichiront le sol pour les arbres à proximité. Les arbustes à feuillage persistant rendront visible la haie en hiver. Les racines retiendront la terre et limiteront l’érosion des crues de la Roya. » La haie sera également bénéfique à la faune, en abritant les uns, en nourrissant les autres, et en offrant de l’ombre aux petits animaux aquatiques.
À Tende, des pièges photo pour observer la bécasse des bois
À Tende, les élèves ont placé deux pièges photo pour observer la faune. Après avoir découvert la présence d’une bécasse des bois sur leur ATE, ils ont voulu en savoir plus sur cet oiseau. Voici les informations qu’ils ont récoltées : de la taille d’un pigeon, la bécasse dispose d’un plumage brun/roux qui lui permet de se camoufler au sol dans les feuilles mortes. Elle passe la journée à se reposer sur le sol humide d’une forêt et la nuit à se nourrir dans les champs, les prés et les clairières. Peu migratrice comparée à certaines congénères, elle privilégie le pourtour méditerranéen en période d’hivernage. Son alimentation ? Elle se nourrit de vers de terre, d’insectes et d’autres invertébrés qu’elle attrape avec son long bec.
Les élèves ont également découvert que la bécasse est polygame. « Les mâles cherchent les femelles lors d’un vol caractéristique à la tombée de la nuit : la croule. Chaque couple fait généralement une seule ponte par an de 4 œufs, à même le sol. »
À Sospel, la litière du sol révèle une microfaune insoupçonnée
Les petits gestionnaires de l’ATE de Sospel ont étudié la litière du sol sur leur aire. « Une multitude d’êtres vivants minuscules vivent dans la litière du sol […] constituée de feuilles mortes, d’animaux, de brindilles, de bouts de bois morts et de terre », indiquent-ils. Pour mettre la main à la pâte, les enfants se sont intéressés à un dispositif permettant de récupérer cette microfaune : l’appareil de Berlese, du nom d’un entomologiste et botaniste italien.
« Cet appareil est composé d’une lampe, d’un grillage fin, d’un entonnoir ainsi que d’un cristallisoir contenant de l’alcool à 90 °. Les petits animaux détestant la lumière, ils vont se déplacer vers le bas et vont rencontrer le grillage fin. Ils vont alors passer au travers et tomber dans le cristallisoir, on pourra facilement les récupérer pour les observer à la loupe binoculaire. » Image à l’appui, l’outil révèle souvent des araignées, des iules, des cloportes et autres vers. Ces observations permettent aux élèves de mieux comprendre la biodiversité de leur territoire et de s’impliquer activement dans sa préservation.



