Les Archers du parc de Mouans-Sartoux obtiennent un label d'excellence
Label d'excellence pour les Archers du parc de Mouans-Sartoux

Dans un coin discret de Mouans-Sartoux, loin des terrains les plus exposés, les flèches partent en silence. Ici, pas de projecteurs, mais une reconnaissance qui, enfin, commence à faire du bruit. Le club des Archers du parc vient de décrocher un label d'excellence, une distinction rare dans la région. Une consécration pour une structure longtemps restée en marge, et pour sa présidente, Elisabeth Allegrini, qui en porte l'histoire depuis plus de trois décennies.

Des débuts précaires à une première consécration

Car avant les récompenses, il y a eu les débuts. « Le tir à l’arc, c’était un sport dit dangereux », se souvient-elle. À l’époque, le club se cherche un terrain, se déplace, s’adapte. Peu soutenu face à des disciplines plus populaires, il avance à petits pas. « On est passés un peu partout », glisse-t-elle. Mais jamais elle n’a voulu s’arrêter. « J’ai quand même continué à vouloir progresser. »

Très vite, les jeunes arrivent, et avec eux, les premiers résultats. Jusqu’à cette trajectoire fulgurante qui marque un tournant : un archer formé au club, propulsé en équipe de France, puis jusqu’aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004. « On était un petit club et on se retrouvait avec un jeune qualifié aux Jeux olympiques », sourit encore la présidente. Une fierté fondatrice, presque inattendue, qui vient valider des années de travail dans l’ombre.

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Une structure qui grandit sans renier ses valeurs

Pour autant, le quotidien reste celui d’un club qui se construit sans moyens démesurés. Les installations évoluent progressivement, au gré des opportunités. « On m’a attribué un terrain en zone inondable, parce qu’on ne pouvait pas construire ailleurs », raconte-t-elle. Un point de départ modeste, transformé au fil du temps avec l’aide de la commune.

Aujourd’hui installés route de Pégomas, les Archers du parc ont franchi un cap. Un second terrain a récemment été aménagé, notamment pour accueillir des archers en situation de handicap. « J’ai un aveugle, j’ai des enfants handicapés, des personnes en fauteuil, c’était nécessaire d’adapter », détaille Elisabeth Allegrini. Car ici, la performance ne se dissocie pas de l’engagement. Le club compte près de 130 licenciés et multiplie les actions : interventions dans les écoles, travail avec des patients atteints de la maladie de Parkinson, accompagnement des jeunes. « Je suis très diverse, ça demande beaucoup de travail », résume-t-elle simplement.

Sur le plan sportif, les résultats suivent. L’équipe masculine évolue en division 1 depuis 2007, se maintenant parmi les 16 meilleures formations françaises. « On y est toujours », souligne-t-elle avec fierté. La relève est assurée : un jeune archer vient d’ailleurs de décrocher une médaille de bronze lors d’un championnat d’Europe pour sa première sélection. « Il est entré en équipe de France, et maintenant il tire avec nous en senior. »

Le label d’excellence comme accélérateur attendu

C’est dans cette dynamique que le label d’excellence vient s’inscrire. Une reconnaissance qui repose autant sur les résultats que sur l’engagement du club et la qualité de ses installations. « On l’obtient pour tout ça : la compétition, le parcours, les installations et la citoyenneté », explique la présidente. Mais au-delà du symbole, elle y voit surtout un levier. « On montre par nous-mêmes qu’on est capable de réaliser des choses. »

Car derrière les performances, la réalité reste exigeante : financement du matériel, encadrement, entretien. « J’ai monté 60 arcs cette année car quand quelqu’un débute le sport, il ne va pas forcément s’acheter tout le matériel nécessaire dès le début », glisse-t-elle, évoquant un quotidien fait aussi de réparations et de débrouille. Le label pourrait alors ouvrir des portes, notamment du côté des collectivités. « On me demande d’avoir plus de visibilité pour obtenir des aides, mais je n’arrive pas à en avoir », regrette-t-elle. Une couverture encore insuffisante, malgré les résultats.

Après 33 ans à porter le club, Elisabeth Allegrini aspire désormais à lever un peu le pied. Mais sans lâcher l’essentiel. « Il faut continuer à faire vivre tout ça », conclut-elle.

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