Le centre de soins de la faune sauvage de Maisons-Alfort (Val-de-Marne) croule sous les admissions. En pleine canicule, les équipes soignent chaque jour des dizaines d'animaux victimes de la chaleur, de la sécheresse ou de gestes humains malheureux. Selon sa directrice, le Dr Élise Boulanger, les arrivées ont bondi de 30% par rapport à l'été dernier, avec une moyenne de 40 animaux pris en charge quotidiennement.
Un afflux record lié aux températures extrêmes
Depuis la mi-juin, les thermomètres dépassent régulièrement les 35°C en Île-de-France. Les oiseaux, les hérissons et les petits mammifères sont les premières victimes. « On reçoit des jeunes rapaces déshydratés tombés des nids, des hérissons en hypothermie malgré la chaleur, et des chauves-souris qui se sont écrasées au sol », explique le Dr Boulanger. Les incendies de végétation, plus fréquents, poussent aussi les animaux à fuir leur habitat, parfois jusqu'en zone urbaine.
Le centre, qui dépend de l'École vétérinaire de Maisons-Alfort, a dû adapter son organisation. Des bénévoles supplémentaires ont été recrutés, et les boxes sont saturés. « Nous avons dû refuser des admissions faute de place, ce qui est toujours un crève-cœur », regrette la directrice. En juillet, le centre a accueilli 1 200 animaux, contre 900 l'an dernier à la même période.
Des soins intensifs pour sauver les animaux
Les soigneurs prodiguent des soins de réhydratation, de la nourriture adaptée et un suivi vétérinaire intensif. Les oiseaux sont placés dans des volières climatisées, les mammifères dans des cages fraîches. « La priorité est de stabiliser les animaux avant de penser à leur relâcher », précise le Dr Boulanger. Le taux de survie atteint 75%, un chiffre encourageant malgré les conditions.
Mais la chaleur n'est pas le seul problème. Les animaux arrivent souvent blessés par des tondeuses, des chats ou des collisions avec des véhicules. « Les gens ont tendance à vouloir aider, mais il faut d'abord appeler un centre spécialisé avant de manipuler un animal sauvage », rappelle la directrice. Le centre a lancé une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux pour diffuser les bons gestes.
Un phénomène appelé à s'aggraver
Les scientifiques alertent : avec le réchauffement climatique, les canicules seront plus fréquentes et plus intenses. Le centre de Maisons-Alfort, qui existe depuis 1970, voit déjà les effets. « En 20 ans, le nombre d'admissions estivales a doublé », souligne le Dr Boulanger. Les espèces méditerranéennes, comme le guêpier ou la huppe fasciée, remontent vers le nord, tandis que les espèces locales souffrent.
Le centre travaille en réseau avec d'autres structures en France pour mutualiser les ressources. Un appel aux dons a été lancé pour financer l'achat de climatiseurs et de matériel vétérinaire. « Chaque don compte, même modeste, pour continuer à sauver cette faune qui nous entoure », conclut la directrice.



