Café vietnamien : production massive, lourd tribut écologique et social
Café vietnamien : production massive, lourd tribut écologique

Le Vietnam est devenu en quelques décennies le deuxième producteur mondial de café, derrière le Brésil. Mais cette réussite économique a un coût environnemental et humain élevé. La culture intensive du café, principalement du robusta, a entraîné une déforestation massive, une pollution des sols et des cours d'eau, ainsi que l'exploitation des travailleurs, souvent issus de minorités ethniques.

Une expansion au détriment des forêts

Dans les hauts plateaux du Centre, région historique du café vietnamien, les plantations ont grignoté les forêts tropicales. Selon une étude de l'Université de Wageningen, près de 300 000 hectares de forêt ont été convertis en plantations de café entre 1990 et 2015. Cette déforestation a fragmenté les habitats de nombreuses espèces menacées, comme l'éléphant d'Asie ou le tigre.

Les autorités vietnamiennes ont bien tenté de freiner ce phénomène par des moratoires, mais les défrichements illégaux persistent. Les petits producteurs, poussés par la demande mondiale croissante, n'hésitent pas à grignoter les dernières zones boisées.

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Une pollution généralisée

La culture intensive du café nécessite d'importantes quantités d'engrais chimiques et de pesticides. Ces substances lessivent les sols et contaminent les nappes phréatiques. Dans la province de Dak Lak, des analyses ont révélé des taux de nitrates et de résidus de pesticides bien supérieurs aux normes autorisées dans l'eau potable.

Le traitement des cerises de café génère également des déchets organiques. Les eaux usées des usines de dépulpage, riches en matières organiques, sont souvent rejetées sans traitement dans les rivières, provoquant une eutrophisation et la mort des poissons.

Des conditions de travail précaires

La main-d'œuvre du café vietnamien est majoritairement composée de travailleurs saisonniers, souvent issus des minorités ethniques des montagnes. Ils travaillent de longues heures pour des salaires dérisoires, sans protection sociale. Des organisations comme Oxfam ont dénoncé des cas de travail forcé et de travail des enfants dans certaines plantations.

Les petits producteurs, endettés pour acheter des intrants, sont à la merci des fluctuations des cours mondiaux. La baisse des prix du café en 2019 a plongé de nombreuses familles dans la précarité.

Vers un café durable ?

Face à ces défis, des initiatives émergent. Des labels comme Rainforest Alliance ou UTZ certifient des plantations respectueuses de l'environnement et des travailleurs. Le gouvernement vietnamien a lancé un plan de développement du café durable à l'horizon 2030, visant à réduire l'utilisation de produits chimiques et à améliorer les conditions de vie des producteurs.

Mais le chemin est long. La demande mondiale de café continue d'augmenter, et le Vietnam reste un acteur clé. Pour les consommateurs, choisir un café certifié peut contribuer à un avenir plus durable pour cette filière.

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