Bénévoles CCFF : gardiens de la forêt varoise face aux incendies
Bénévoles CCFF : gardiens de la forêt varoise

Les comités communaux feux de forêts (CCFF) sont sur le pied de guerre en ce début de saison caniculaire. À Roquebrune-sur-Argens, les bénévoles, sur le qui-vive, ont déjà commencé leurs patrouilles pour protéger les bois. Près de 5 000 personnes, hommes et femmes entièrement bénévoles, s'engagent sans compter sur les 351 706 hectares boisés, soit 58,3 % des 6 000 km² du Var.

Des patrouilles anticipées face à la canicule

Entre canicule et sécheresse, la saison estivale, redoutable pour les végétaux, commence particulièrement tôt. Avant-hier, les flammes ont ravagé un champ, route de Marchandise, à Roquebrune-sur-Argens. Les CCFF, inquiets mais fin prêts, sont donc déjà sur le pied de guerre pour protéger la forêt varoise. Les bénévoles sont déjà sur le terrain, bien plus tôt que d'habitude en raison des fortes chaleurs et de la sécheresse qui pourraient embraser les bois.

Le CCFF de Roquebrune-sur-Argens en première ligne

À l'image du comité communal feux de forêt de Roquebrune-sur-Argens, dont le président, Francis Lemoine, dirige une équipe dynamique et performante : « Il est très important de mettre en avant le fait que nous sommes tous bénévoles, de tous horizons, cherchant à conserver un patrimoine forestier magnifique, la faune et la flore, pour la population, pour nos enfants. Nous sommes 80 et nous organisons des équipes pour des rondes quotidiennes de 13 h 30 à 18 heures et même la nuit s'il y a du vent, sur les trois secteurs de la Bouverie, des Issambres et du village. Nous nous occupons du planning des patrouilles, de l'entretien des véhicules, de la logistique, de l'habillement, de l'administratif, des formations… C'est toute une gestion en plus des missions. Nous sommes soutenus par la municipalité dont la préservation de l'environnement est une priorité. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Six véhicules porteurs d'eau et quatre de surveillance

Avec six véhicules porteurs d'eau en capacité de traiter un départ de feu et quatre voitures de surveillance, financés par la ville, tous en liaison radio avec les sapeurs pompiers du Var, le CCFF de Roquebrune occupe le terrain, maille le territoire de 6 000 hectares de forêt communale, multipliant les possibilités de repérer la moindre étincelle en empruntant toutes les pistes de manière aléatoire afin de dissuader les incendies volontaires.

Un engagement de longue date

Francis Lemoine s'investit au sein du CCFF de Roquebrune-sur-Argens depuis 22 ans, dont 21 ans de présidence. « J'adore la forêt », confie ce patron d'un camping au cœur de la nature préservée. « J'ai été profondément choqué par les grands incendies des années 1990. Les trois quarts de la forêt varoise sont partis en fumée, le sud du massif des Maures était calciné. En 2003, lorsqu'on a évalué ce qui restait après de nouveaux sinistres, j'ai fait 250 km de pistes sans voir une feuille verte. Partout des lapins, des oiseaux calcinés. C'était bouleversant et je me suis inscrit au CCFF de Roquebrune comme bénévole. »

Complémentaires des sapeurs-pompiers

Francis Lemoine ne veut plus revivre de tels moments et cherche, comme toute son équipe, à apporter sa pierre à l'édifice, même s'il tient à préciser qu'ils ne se substituent pas aux sapeurs-pompiers. « Nous sommes complémentaires, nous les assistons dans l'appui logistique, nous les guidons lors des interventions, nous nous mettons à leur disposition. Ce sont eux les professionnels », ajoute celui qui est aussi régulateur au sein de la salle opérationnelle du CODIS au Muy.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

La problématique du vent

Si les patrouilles sont sollicitées au 1er juillet habituellement, cette année, le préfet a commencé le classement en secteur de couleur dès la mi-juin. Et le Var est déjà en orange. Francis Lemoine a « pensé que c'était important de se caler avec la préfecture et nous avons débuté les patrouilles dès la semaine dernière ». « Si on en fait qu'une par jour tant qu'il n'y a pas de vent, on peut monter à dix les jours de mistral, explique le président. Compte tenu des précipitations de cet hiver, la forêt est très verte, avec une sous-végétation d'herbes drue, une strate basse touffue déjà bien sèche avec les grosses chaleurs. Les conditions sont idéales pour un départ de feu. Même si on n'est pas au pic de risque, ça commence à être sérieux. C'est le vent qui nous met sur le qui-vive. Tous les étés sont à risque mais sans vent, on peut venir à bout d'un début d'incendie. Mais lorsque le mistral souffle… »

Attention à l'imprudence

Mégot de cigarette, barbecue à proximité de la végétation, combustible stocké près d'une maison… 9 feux de forêt sur 10 sont d'origine humaine et la moitié est due à une imprudence. 90 % des maisons détruites lors des feux de forêt ne sont pas ou sont mal débroussaillées.