Un an après la Conférence des Nations unies sur l'océan à Nice, la France réaffirme son engagement pour la protection marine. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, et la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, ont annoncé ce lundi 8 juin le renforcement de la protection de trois aires marines protégées (AMP). Ces zones sont situées en Guadeloupe, dans les terres australes et antarctiques françaises et en baie d'Audierne, dans le Finistère. Avec cette mesure, le gouvernement assure maintenir le cap fixé lors de l'Unoc, avec 14,68 % des eaux françaises placées en protection forte.
Le gravelot à collier interrompu, espèce menacée
La baie d'Audierne est choisie pour préserver une espèce d'oiseau en déclin : le gravelot à collier interrompu. Selon la Ligue de protection des oiseaux (LPO), la plus grande partie de ses populations est en déclin, avec un recul patent dans le nord-ouest et le centre de l'Europe. En France, l'oiseau est présent sur tout le littoral, mais sa population diminue fortement dans le Nord et la région méditerranéenne. En revanche, elle est stable, voire en augmentation, dans l'Ouest, sur les côtes de la Manche et de l'Atlantique. Malgré cela, il est considéré comme en déclin en Europe.
Les menaces humaines sur l'espèce
Le principal problème pour le gravelot à collier interrompu est la forte pression humaine sur ses sites de nidification et de stationnement. Le tourisme, les activités de sports de plage et l'urbanisation perturbent sa reproduction. Catherine Chabaud a expliqué que lors de la nidification, les chiens et les voitures sont interdits. L'objectif du gouvernement est d'interdire ou d'encadrer les activités humaines dans cette zone à protection renforcée. « Nous créons des aires marines protégées là où il y a des activités humaines », a résumé la ministre.
Une protection forte aux contours flous
Toutes les AMP ne bénéficient pas du même niveau de protection. Certaines sont des réserves intégrales où toute activité humaine est interdite, mais d'autres autorisent la pêche industrielle et le chalutage de fond, une technique destructrice. L'État s'est fixé pour objectif d'atteindre 14,68 % de ses eaux en protection dite « forte ». Cependant, la définition française de la protection forte est moins stricte que celle de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Pour le collectif Bloom, une aire est intégralement protégée si les techniques de pêche industrielle destructrices y sont interdites. En France, la protection forte se contente de limiter les activités sans interdire la pêche industrielle, ce qui déçoit les experts. Joachim Claudet, directeur de recherche au CNRS, déplorait que l'ambition française corresponde à l'entrée de gamme d'une AMP au niveau international.



