Maxime Franusiak, médiaman à bord de « L’Hermione », vend ses photos au profit de la frégate qui a jusqu’au 1er juillet pour collecter 5 millions d’euros et tenter son redressement judiciaire. « Je fais partie de ceux qui veulent voir le verre à moitié plein et je souhaite de tout cœur que « L’Hermione » reprenne la mer. Pour l’avoir vue dans son élément toutes voiles dehors, difficile de se résoudre à la laisser finir dans un port… » Ainsi s’exprime Maxime Franusiak, bénévole de l’association Hermione-La-Fayette et médiaman attitré à bord lors de plusieurs navigations. Voilà pourquoi il vient de lancer une initiative de vente de ses photographies uniques en collaboration avec l’association à laquelle il reversera 10 % des recettes.
Passion « L’Hermione »
« L’Hermione », il l’a chevillée au corps depuis son plus jeune âge. Avant son BTS et sa licence professionnelle en audiovisuel à Angoulême, il a été élève à Rochefort jusqu’au lycée et « toutes les sorties scolaires nous menaient à « L’Hermione ». J’avais déjà un grand-père marin qui m’avait donné le virus du nautisme, mais ce bateau me fascinait », explique celui qui a son propre voilier de 29 pieds avec son frère Thomas, le « Lulu IV ». « Je connais la navigation, mais c’est sur « L’Hermione » que j’ai tout appris », précise le jeune homme de 31 ans par ailleurs sauveteur en mer à la SNSM et pompier volontaire à La Rochelle.
Après le voyage transatlantique de 2015, il s’engage comme gabier. « J’avais déjà la passion de la vidéo et à l’époque, je travaillais pour une société de production. À bord, j’aidais un peu, mais je filmais et faisais des portraits pour la communication de l’association. » Très vite, le passionné se met à son compte et crée sa société « Maxime Franusiak ». Entre le voyage en Méditerranée et l’expédition en Normandie, il passe quatre mois à bord et prend des milliers de photos et d’innombrables heures de films. De quoi nourrir les archives de « L’Hermione ».
L’expérience est un déclic : Maxime Franusiak se spécialise dans les images maritimes et nautiques. Depuis, il travaille pour des bateaux dont le « Belem », pour des chantiers navals dont Dufour, pour la Fédération française de voile ou pour le Grand Pavois par exemple. Mais « L’Hermione » reste sa chouchoute. Il continue d’aller la voir à Anglet où elle est en carénage depuis 2021 pour réparer ses champignons. Il y est bénévole pour le délestage par exemple, mais surtout continue ses reportages.
« C’est possible »
« Je nourris les archives, mais je fais aussi de la pédagogie pour montrer comment faire pour la réparer. Mon idée, qui n’est pas encore aboutie, c’est de faire un film sur ce chantier incroyable. » Pour Maxime Franusiak, la frégate est réparable sans conteste, malgré les avis contraires qui ne manquent pas. « Les savoir-faire sont là, on a déjà réparé quasi la moitié de l’arrière, il reste l’avant où tout est très technique. C’est possible, mais maintenant tout se résume à une question d’argent : il faut trouver 5 millions d’euros. »
« Pour Notre-Dame, on a bien réussi à trouver 843 millions, on devrait bien parvenir à en rassembler 5 pour « L’Hermione » », s’exclame Maxime Franusiak, bien conscient que la conjoncture économique n’est pas la meilleure. Mais alors pourquoi l’association rame-t-elle à collecter cette somme ? « Ce bateau suscite une ferveur populaire, mais ce n’est pas Notre-Dame qui a brûlé d’un coup d’un seul au cœur de Paris, les champignons sont moins spectaculaires qu’un incendie. Et puis, ce n’est pas un bateau du patrimoine original, c’est une réplique. Mais après tout, pour la cathédrale, on a bien réussi à trouver 843 millions, on devrait bien parvenir à en rassembler 5 pour « L’Hermione », c’est rien à côté ! »
Pourtant, il faut faire vite car « L’Hermione », placée en redressement judiciaire depuis septembre 2025, a obtenu un sursis de trois mois en mars devant le tribunal judiciaire de La Rochelle ; elle a jusqu’au 1er juillet pour présenter un plan, apporter l’argent et finalement échapper à la liquidation. Comme l’association, Maxime Franusiak estime que « rien n’est perdu, si la justice nous a laissé un report, c’est qu’il y a une voie. »
Alors comme dans cette heure de vérité, tout argent est bon à prendre, le photographe et cameraman met ses images en vente. « Ce sont des photos uniques qui n’ont jamais été vendues. Certaines sont prises à 47 mètres de haut, on ne les trouve nulle part ailleurs. En acheter, c’est s’offrir un bout de « L’Hermione » chez soi. » Les formats vont de la photo à 4 euros au poster à 300 euros, tous les formats sont disponibles et il s’agit de tirages d’art sur plaque d’alu réalisés dans un studio rochelais et expédiés à domicile. Pour acheter, il suffit de se rendre sur le site du photographe (www.maxime-franusiak.com) ou sur la boutique en ligne de « L’Hermione ».



