Après la disparition de son compagnon Charly, l'âne Fernando va accueillir ce vendredi 28 août un jeune mâle de 2 ans, Oreo Diego, afin de rompre son isolement. La commune de Saint-Laurent-du-Var, qui utilise ces équidés pour l'écopâturage, prévoit également d'agrandir l'espace pour en faire un parc animalier d'ici fin 2026.
Un besoin urgent de compagnie pour Fernando
Depuis la disparition de Charly il y a quelques semaines, Fernando, un petit âne gris qui partageait le quotidien des Laurentins depuis novembre 2017, dépérissait. Les équidés étant des animaux grégaires, l'isolement représente pour eux une source de stress, d'anxiété et de changement de comportement, comme l'a constaté la Ville de Saint-Laurent-du-Var.
Face à cette situation, Joseph Segura, maire de Saint-Laurent-du-Var, a choisi d'agir : « Lorsqu'on adopte un animal, on en assume la responsabilité jusqu'au bout. Après la disparition de Charly, il était de notre devoir d'offrir à Fernando une nouvelle compagnie. »
Oreo Diego, un jeune âne choisi pour éviter les complications
Sur les conseils de la vétérinaire municipale, la commune s'est tournée vers l'adoption d'un jeune mâle plutôt que d'une ânesse gestante, afin d'éviter une gestion complexe liée à la naissance et à l'élevage. C'est ainsi qu'Oreo Diego, un jeune âne de 2 ans, a été choisi. Il provient de l'élevage familial Les ânes de Clucheron à Guillaumes, une structure de 18 ânes récompensée par une troisième place au trophée national de l'âne lors du Salon de l'agriculture 2026.
Oreo Diego rejoint la commune vendredi 28 août 2026. Au-delà de l'aspect affectif, ces animaux ont un rôle dans l'entretien des espaces naturels. Installés sur des terrains communaux de deux hectares près du Moulin de la route des Pugets, ils sont utilisés dans l'écopâturage.
Un dispositif d'écopâturage aux intérêts financiers et écologiques
Le directeur du service des espaces verts de la Ville expliquait en 2023 l'intérêt financier et écologique de ce dispositif : « Auparavant, les espaces verts devaient faire désherber ces zones mécaniquement. Cela coûtait de l'argent. Maintenant, plus besoin, les ânes s'en chargent. »
En échange de ce débroussaillage gratuit, les animaux reçoivent une pension complète gérée par les employés municipaux. Les soins sont réguliers : le maréchal-ferrant intervient deux fois par an pour limer leurs sabots non ferrés, et leur alimentation est adaptée, notamment lors des sécheresses où l'herbe est complétée par du foin.
Un parc animalier pour renforcer la politique environnementale
Cette complicité s'inscrit dans « une politique environnementale globale », insiste Joseph Segura. La commune, qui a adopté le zéro phyto il y a 18 ans, utilise la présence des ânes pour sensibiliser les écoliers à la biodiversité. Et l'avenir s'annonce encore plus animé. Le maire de Saint-Laurent-du-Var ambitionne d'agrandir cet espace pour en faire un parcours animalier d'ici fin 2026.
« L'idée c'est d'avoir une chèvre, un mouton, des oies, etc. Tous les animaux qui ne demandent pas trop de soins vétérinaires. » Ce projet de grand parc pour animaux sera porté par Florence Espanol, adjointe au maire déléguée à la Cause animale. Pour Joseph Segura, « ce sera un lieu de rencontre, d'accueil des enfants, des seniors, des familles. Il permettra d'offrir un véritable moment de détente et de découverte pour tous les Laurentins. »



