Train spécial Lyon-Lourdes : 300 pèlerins, dont 46 en invalidité, pris en charge
Train spécial Lyon-Lourdes : 300 pèlerins, dont 46 en invalidité

Ce mercredi, un train spécial affrété par l'association Notre-Dame de l'Assomption et l'Hospitalité Notre-Dame de Salut a quitté Lyon à 8h05 pour Lourdes, transportant environ 300 pèlerins, dont 46 personnes en totale invalidité. L'embarquement, initialement prévu sur la voie A, a finalement eu lieu sur la voie C, un changement qui a compliqué l'organisation pour les bénévoles.

Un changement de voie qui bouleverse l'organisation

Dès 6h30, Catherine Bernard de Villeneuve, médecin bénévole, arpentait le quai de la gare Perrache. Le chef de gare lui a annoncé que le train arriverait voie C au lieu de la voie A. « C'est contraignant parce qu'on a 110 montants dont trois personnes en fauteuil roulant, incapables de marcher, lance-t-elle. D'habitude, ils arrivent et n'ont qu'à s'installer en attendant le départ. Là, ça va être toute une logique. »

Ce pèlerinage, organisé depuis avril, est considéré comme le « plus grand pèlerinage de malades en France ». Il fait partie du Pèlerinage national, le plus ancien se rendant à Lourdes, qui rassemble des milliers de fidèles chaque année autour de la fête de l'Assomption. Sa mission historique est d'accompagner les malades et les personnes handicapées jusqu'au sanctuaire.

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Une gare transformée en salle d'embarquement médicalisée

À 6h45, les premiers pèlerins arrivent, souvent par ambulance. Les bénévoles gèrent « tout le matériel » pour les six jours sur place, le retour étant prévu le 17 août. Pendant que certains font des allers-retours entre les voies, d'autres collent des étiquettes avec nom, prénom et place dans le train sur les affaires des arrivants. « On vérifie aussi que les personnes malades aient bien leur traitement, leur pilulier, etc. », précise Carole Bernard de Villeneuve, médecin urgentiste et bénévole.

L'organisation s'améliore chaque année. « On a innové cette année en imprimant des plans des voitures qu'on a scotchés aux portes des wagons, pour que les bénévoles repèrent plus facilement les places attribuées aux pèlerins », détaille Marc-Aurèle, bénévole en charge de l'organisation à bord. Les voitures 5 et 6 sont dédiées aux bénévoles valides, tandis que la voiture 3, surnommée « l'ambulance », regroupe tous les malades du comité de Lyon et les aidants.

Des soins médicaux et des lits à bord

Les dossiers médicaux sont vérifiés en amont. « Une fois, une personne avait oublié sa bouteille d'oxygène, se souvient la médecin urgentiste. Heureusement, une autre malade en avait une, et on a pu partager l'oxygène pendant le voyage entre les deux. » Les changes sont prévus au moins trois fois durant le trajet, ce qui a dicté le plan de placement dans les wagons. « On pense aux personnes qu'on peut accompagner jusqu'aux toilettes, et à celles qu'il va falloir changer, qu'on installe un peu plus loin, dans le fond de la rame », détaille Carole.

Le train ne pourrait pas partir sans médecins à bord. Carole est accompagnée de son père, cardiologue, et de sa mère, médecin généraliste. « On a de la chance, on se complète plutôt bien », sourit-elle. Pour les personnes à mobilité réduite, des chaises spécifiques permettent de circuler dans les allées. « On a dû se procurer du matériel particulier pour pouvoir circuler dans les allées », explique Thierry. La plupart des personnes à mobilité réduite se séparent de leur fauteuil roulant le temps du trajet. « On n'a pas assez d'espace dédié dans la configuration des TGV SNCF. Avec les sièges de la 1re classe, plutôt spacieux, ça fonctionne pour les neuf heures de train. Pour d'autres, on installe des lits », indique-t-il.

Une logistique intense jusqu'à Marseille

L'association dispose d'un TGV affrété depuis 2022. « On a longtemps eu des trains militaires, avec des couchettes, poursuit Thierry. C'était pratique d'avoir un wagon médical, mais on n'avait pas de climatisation. Là, avec cette configuration, tous ceux qu'on peut mettre assis, on le fait, et pour les cas particuliers, on trouve des solutions. » Sur les 514 places du train, environ 300 ont été réservées pour ce pèlerinage. Le bas des voitures 6, 7 et 8 est utilisé pour entreposer les fauteuils et les valises.

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L'arrêt à Marseille est l'un des plus chargés, avec un embarquement d'une heure et quart. Les voyageurs marseillais occupent la totalité des places handicapées, remplissant intégralement les voitures 1 et 2. Malgré les appréhensions, le train est parti à l'heure prévue, 11h01. « C'est bien la première fois », lance avec un sourire satisfait Marc-Aurèle. Le train doit encore s'arrêter à Nîmes, Montpellier et Carcassonne avant d'arriver à Lourdes à 17 heures.