Summer body : pourquoi il est trop tard (et risqué) de vouloir maigrir vite
Summer body : pourquoi il est trop tard de maigrir vite

La vague de chaleur qui touche le pays nous donne un avant-goût d’été. Si vous vous sentez un peu à l’étroit dans vos bermudas ou vos robes, vous serez sûrement tentés de décupler vos efforts pour préparer votre summer body. À vous les régimes trop restrictifs et les objectifs sportifs déraisonnables… À moins que cette année vous ne décidiez de passer votre tour ! Sage idée car il est sans doute trop tard pour affiner votre silhouette, au risque d’exposer votre corps à de violentes adaptations.

Le rythme biologique ne s’adapte pas à vos vacances

Nos tissus s’adaptent à leur propre rythme et ce rythme se moque éperdument de votre date de départ en vacances. Si les muscles réagissent vite, comptez quatre à huit semaines d’entraînement régulier pour les voir changer, les os sont plus lents, il faut trois mois minimum pour qu’ils se renforcent. Quant aux tendons et aux ligaments, ils sont mal irrigués par le sang et ne reçoivent qu’au compte-goutte les nutriments dont ils ont besoin pour se développer.

Le renouvellement du collagène – la protéine dont vos tendons sont constitués – s’étale sur plusieurs mois, parfois plusieurs années. En moyenne, il faut compter entre trois et douze mois pour une adaptation de ces tissus. Si vous reprenez la course après un hiver passé sur le canapé, vos muscles progresseront à vive allure, mais pas vos tendons, ce qui augmente le risque de vous blesser : tendinite d’Achille, tendinite du genou, périostite ou fracture de fatigue.

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Le printemps, saison des blessures

Reprendre trop vite et trop fort est le premier facteur de blessure chez les coureurs et les sportifs en général. Ce n’est pas un hasard si le printemps est la saison qui remplit le plus les salles d’attente des kinésithérapeutes… La saison des bonnes résolutions est aussi celle des mauvaises surprises !

La double peine du régime associé au sport

La situation se complique encore lorsque la reprise sportive s’accompagne, comme c’est fréquemment le cas, d’un régime restrictif. C’est le scénario classique du summer body : courir davantage et manger moins. Or cette combinaison est précisément le plus court chemin vers la blessure. Vous vous exposez au RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport, déficience énergétique relative dans le sport).

Ce syndrome décrit les effets d’un apport calorique insuffisant face aux dépenses imposées à l’organisme : altération de la synthèse des protéines, fragilisation osseuse, perturbation hormonale et ralentissement de la cicatrisation tissulaire. En clair, on impose au corps sa charge de travail maximale au moment précis où on lui coupe les moyens d’y faire face.

La régularité, seule stratégie cohérente

Si vous comptiez vous y mettre aujourd’hui, pas de panique ! Il existe une méthode dont l’efficacité est bien documentée : pratiquer une activité physique régulière, toute l’année, avec une progression raisonnée. Augmentez les volumes d’entraînement de façon graduelle en accordant aux tissus le temps de s’adapter, c’est la seule stratégie qui respecte les contraintes biologiques. Les personnes qui présentent une condition physique satisfaisante en été ne l’ont pas construite en mai, elles ont simplement maintenu un niveau d’activité suffisant en novembre, en janvier ou en mars.

N’écoutez pas la pression sociale et culturelle du summer body et profitez de la perspective des vacances à venir pour vous mettre au sport si vous avez été inactifs cet hiver. La régularité sera le meilleur allié de votre corps qui risque de ne pas supporter une pression esthétique saisonnière excessive. Le corps humain s’adapte lentement, on ne le brusque pas sans en payer le prix. Retenez : trop vite, trop fort, trop loin, c’est la blessure assurée !

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