Stratégie nationale pour l'alimentation : des mesures jugées trop timides face aux enjeux
Stratégie alimentaire nationale : des mesures jugées trop timides

Une stratégie nationale pour l'alimentation enfin dévoilée, mais jugée insuffisante

Le gouvernement a finalement publié ce mercredi sa Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), un document très attendu depuis deux ans. Ce texte doit définir les actions à mener d'ici 2030 pour promouvoir une alimentation plus saine et moins émettrice de gaz à effet de serre. Cependant, sa publication suscite des déceptions parmi de nombreux acteurs du secteur.

Des formulations atténuées qui inquiètent les experts

L'association Réseau Action Climat déplore que cette stratégie "ignore, voire contredit, une partie des recommandations émises par les institutions scientifiques". En effet, le Haut Conseil de la santé publique avait insisté sur la nécessité de réduire "résolument" la consommation de viande et de restreindre "strictement" la publicité ciblant les enfants pour les produits nocifs.

Or, le texte gouvernemental se contente d'appeler à "limiter" la consommation de viande et de charcuterie, sans fixer d'objectif chiffré précis. Une première version, défendue par le ministère de la Transition écologique, préconisait pourtant une "réduction" plus ambitieuse.

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La publicité pour les produits nocifs reste trop peu encadrée

Même prudence concernant la publicité pour les produits trop gras, sucrés et salés. Le gouvernement souhaite simplement la "réduire", sans envisager d'interdiction, alors que les effets néfastes de ces produits sur la santé sont largement documentés. Cette approche modérée s'applique également aux produits ultratransformés, pourtant reconnus comme dangereux.

Quelques avancées notables malgré tout

La Snanc contient néanmoins 14 mesures, dont certaines représentent des progrès significatifs. Parmi elles :

  • L'encadrement réglementaire, pour la première fois, de la qualité nutritionnelle des repas servis dans les établissements de la petite enfance et les Ehpad, en cohérence avec les nouvelles recommandations nutritionnelles.
  • La mise en place de contrôles coordonnés pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

Ces dispositions visent à améliorer la qualité des repas dans les cantines et les structures d'accueil, une avancée saluée par les défenseurs d'une alimentation plus saine.

Un bilan mitigé face à l'urgence climatique et sanitaire

Malgré ces points positifs, la stratégie nationale reste perçue comme trop frileuse par de nombreux observateurs. Avec deux ans de retard et des formulations atténuées, elle peine à répondre aux enjeux urgents de santé publique et de transition écologique. Les acteurs du secteur espèrent que des ajustements seront apportés pour renforcer son ambition dans les mois à venir.

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