Les activités nautiques sur le ponton du Garden Beach à Juan-les-Pins sont-elles vouées à disparaître ? C'est la crainte d'Aymerick Bignonneau, gérant de Watersports06, qui exploite ce site depuis 36 ans. Alors que l'hôtel Garden Beach, fermé en 2020, a récemment été vendu, l'avenir de sa base nautique est plus incertain que jamais.
Un conflit avec la DDTM
Depuis 2023, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) conteste la légitimité de son activité. « On m'accuse de travailler sans droit ni titre, alors que j'ai toujours bénéficié d'autorisations municipales et d'une délégation de service public avec l'hôtel », explique Aymerick Bignonneau. Selon la DDTM, son ponton serait classé « balnéaire », ce qui interdirait les sports nautiques de vitesse.
Le professionnel dénonce une injustice, car d'autres pontons similaires proposent ces activités sans problème. En 2024, il a lancé une pétition signée par 164 personnes. Le maire, Jean Leonetti, a d'abord soutenu sa cause en demandant à la DDTM de conserver un chenal d'accès aux navires, permettant à Aymerick Bignonneau de continuer à opérer au-delà des 300 mètres. Mais des irrégularités ont été relevées, et une commission nautique a été convoquée sans qu'il en soit informé.
Des promesses non tenues
La mairie avait promis de lancer un appel d'offres pour relocaliser son activité sur l'épi Saint-Honorat. Mais lundi dernier, les services municipaux lui ont annoncé qu'ils n'avaient pas eu le temps de le faire, le condamnant à une année blanche. Parallèlement, Aymerick Bignonneau a découvert que l'hôtel Belles Rives, situé à proximité, se trouve dans une situation similaire, mais la DDTM conteste cette comparaison, affirmant que ce ponton est hors du périmètre de la concession des plages naturelles.
Des conséquences financières
Face à l'absence de revenus, Aymerick Bignonneau a demandé à la mairie l'autorisation d'installer au moins des pédalos et des paddles pour survivre. Cette demande a été refusée en raison de la loi Littoral. « Il y a quelques années, nous étions sept bases nautiques, aujourd'hui je suis le dernier », déplore-t-il, inquiet pour la disparition de cette offre touristique.
Recours juridique
Déterminé à sauver son activité, Aymerick Bignonneau attaque la DDTM au tribunal administratif pour « inégalité de traitement et irrégularités de procédure ». Il veut comprendre ce qu'on lui reproche et pourquoi. Contactée, la DDTM n'a pas pu répondre dans les délais.
La position de la mairie
La municipalité rappelle que le contrat de délégation de service public signé en 2022 avec la Compagnie Financière de Choiseul pour le Garden Beach n'autorise que les activités balnéaires (transats, parasols, etc.), et non les sports nautiques. Concernant l'épi Saint-Honorat, la Ville prévoit de lancer une procédure de DSP pour un seul lot au dernier trimestre 2026, avec une mise en exploitation espérée pour l'été 2027.
En attendant, Aymerick Bignonneau reste sans solution pour la saison à venir, et l'avenir des sports nautiques à Juan-les-Pins semble plus que jamais compromis.



