Un investissement public pour un festival privé fait débat
À deux mois de la 30e édition de Garorock, le festival est au cœur des débats du conseil municipal de Marmande. Lundi 27 avril, les élus devaient se prononcer sur une convention de servitudes pour permettre le raccordement haute tension traversant des parcelles municipales, dans le cadre du chantier d'électrification de la plaine de la Filhole. Ce projet, lancé et financé par la municipalité pour un montant de 300 000 euros (dont une subvention d'État espérée à 50 %), vise à réduire les coûts énergétiques et le bilan carbone du festival, propriété du groupe allemand CTS Eventim depuis deux ans.
L'opposition unie contre la majorité
Les deux groupes d'opposition ont fait front commun pour critiquer l'utilisation d'argent public au profit d'un événement privé. Valérie Pérali, du groupe divers droite Marmande Avenir, a déclaré : « Si nous sommes heureux que Garorock reste à Marmande, nous aimons encore plus notre ville et notre territoire et nous ne sommes pas prêts à le sacrifier à n'importe quel prix. À notre grand étonnement, vous n'avez pas d'accord [avec le propriétaire du festival] et faites le pari avec de l'argent public que cette électrification ferait rester Garorock à Marmande. » Elle a ajouté : « Il est clair que cet investissement ne retiendra nullement le festival dans notre ville. »
André Belacel, du Rassemblement national, a renchéri : « Vous n'avez rien signé avec vos amis allemands. Vous faites un pari avec de l'argent public. » Il a précisé que le RN est pour la culture et ne souhaite pas le départ de Garorock, mais a insisté : « Vous nous avez dit en commission que 300 000 euros pour CTS Eventim, c'est de l'argent de poche. Alors faites-les payer, ne prenez pas l'argent des Marmandais pour électrifier la Filhole. Ou alors signez un contrat. Mais là, vous n'avez rien du tout. »
La réponse du maire
Le maire socialiste Joël Hocquelet a répondu : « Dire que je joue avec l'argent public, c'est pour moi une profonde insulte. » Il a rappelé ses discussions avec les dirigeants allemands et sa conviction que sans cet effort municipal, le festival ne resterait pas à Marmande au-delà de 2026. « Ce festival intéresse CTS Eventim pour un tas de raisons, mais ils ne cumuleront pas des déficits chroniques, ils ont un calcul de retour à l'équilibre », a-t-il prévenu. Il a souligné que l'investissement conjoint des Allemands, à hauteur de plusieurs centaines de milliers d'euros dans l'électrification des Quatre Mattes, est le signe « d'un engagement de leur part ». « Sans cela, le festival ne restait pas à Marmande au-delà de 2026, j'en suis certain. Or, il nous semble que pour Marmande et le territoire, Garorock, c'est important. »
Finalement, l'opposition ne s'est pas opposée au vote, mais s'est abstenue.



