Inauguré vendredi 1er mai, le festival international ShowColat se tient pour la première fois au Palais de la Bourse de Bordeaux jusqu'au dimanche 3 mai. Organisé par l'association Bean to bar, l'événement rassemble plus de 80 exposants venus du monde entier, tous artisans passionnés de chocolat, désireux de promouvoir un produit de qualité, diversifié, traçable et équitable. L'entrée est gratuite.
Trois jours de fête autour de l'or noir
Le festival a pour ambition de présenter, valoriser et démocratiser le mouvement bean to bar. « Il regroupe des artisans vertueux qui transforment la fève de cacao dans leur atelier, jusqu'à la tablette », explique Vincent Ferreira, cofondateur de l'association française et président de Bean to bar Europe, organisatrice de l'événement.
Pourquoi Bordeaux ? Vincent Ferreira, Bordelais d'adoption, est tombé amoureux du chocolat et a cofondé avec sa femme Hasnaâ la société et boutique Hasnaâ Grand Cru, convertie depuis quelques années au bean to bar. Né au début des années 2000 aux États-Unis, ce courant fédère des artisans qui maîtrisent toute la chaîne, de la sélection à la fabrication, en passant par la vente et l'acheminement.
En France, la filière compterait environ 200 artisans sur 4 500 chocolatiers. Une vingtaine sont présents au Palais de la Bourse, parmi 80 exposants de tous les continents. Le Venezuela, berceau du xocolatl, est l'invité d'honneur de cette première édition, avec une forte délégation et son ministre du Commerce.
Un investissement conséquent
Le bean to bar représente moins de 1 % de la production chocolatière mondiale. « C'est un vrai investissement », témoigne Julianne Coignard pour la maison rochelaise Criollos. « Il a fallu s'agrandir pour accueillir les machines nécessaires au tri, à la torréfaction, au broyage… »
L'entreprise ne serait pas possible sans les « sourceurs », qui font le lien entre planteurs et chocolatiers. « Nous garantissons une transparence totale », expose Katrien Delaet pour l'agence belge Silva Cacao. « On évite les intermédiaires. Les primes que nous payons pour la qualité sont bien supérieures à celles du commerce équitable classique. »
« Nous avons une charte stricte : traçabilité totale, juste rémunération, absence de déforestation, lutte contre le travail des enfants », ajoute Vincent Ferreira.
Éducation au goût
Cette exigence a un coût : en moyenne, le bean to bar se vend entre quatre et dix fois plus cher que le chocolat industriel. Mais elle a ses avantages. « L'industriel lisse les goûts par une torréfaction forte pour cacher les défauts. Nous, on adapte la torréfaction pour exprimer le potentiel aromatique de chaque fève : notes florales, fruitées, épicées… », explique Laurent Curty, pour Notes de fèves.
L'enjeu est de créer une véritable éducation au goût, afin que le consommateur savoure la complexité du cacao, et de démocratiser un langage commun, comme pour le vin et le café. « Nous avons une approche très proche de celle des vignerons : on mentionne le millésime, le terroir, le profil aromatique, plutôt que le simple pourcentage de cacao, qui ne signifie pas grand-chose. »
Le ShowColat propose également un musée éphémère retraçant 5 500 ans d'histoire du cacao, des ateliers, conférences et dégustations. L'entrée est gratuite. Ouvert jusqu'au 3 mai, de 11 h à 19 h. www.festivalshowcolat.com



