Saint-Jacques-de-Compostelle : un pèlerinage qui attire au-delà de la foi
Saint-Jacques-de-Compostelle : au-delà de la foi

Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, l'un des plus célèbres au monde, attire chaque année des milliers de marcheurs. Depuis plus de mille ans, des chrétiens du monde entier parcourent les chemins qui mènent à la cathédrale de Santiago, dans le nord-ouest de l'Espagne, où repose la tombe de l'apôtre Saint-Jacques, découverte au début du IXe siècle. Mais aujourd'hui, la foi n'est plus la motivation principale. Selon une étude de l'Agence française des chemins de Compostelle, seuls 12 % des pèlerins partent dans une démarche uniquement religieuse. La majorité cherche plutôt à redonner un sens à sa vie, à se reconnecter à soi-même ou à relever un défi personnel.

Une quête de sens et de spiritualité

Pauline, créatrice de contenu sur Instagram, a parcouru plus de 1 500 kilomètres cet automne, du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Catholique, elle explique : « Même si j’ai intégré la prière dans ma routine de marche, je l’ai plus vu comme un challenge personnel. J’avais travaillé dans l’immobilier et après un break pour voyager, je voulais prendre le temps de réfléchir à la suite. » Beaucoup de pèlerins se lancent après un accident de vie : deuil, maladie, burn-out, séparation. Laure Koupaliantz, directrice de l’Agence française des chemins de Compostelle, confirme : « Cela peut être un deuil, une maladie, un burn-out, une séparation ou des doutes sur son couple. »

Un chemin de découverte

Séverine, couturière à Caen, revient d'un périple de sept jours sur les chemins français. « Je voulais profiter du silence, de la nature et de la rencontre avec d’autres pèlerins pour me retrouver, me ressourcer et oublier mon passé », témoigne-t-elle, revenue « transformée » de l'Aubrac. Jean-Paul, 77 ans, a parcouru 12 000 kilomètres en une dizaine de pèlerinages depuis 2002. « Je me suis lancé pour savoir qui j’étais vraiment, pourquoi j’étais sur cette terre et pour recharger mes batteries humaines et spirituelles », dit ce retraité breton, qui qualifie Compostelle de « chemin de découverte extraordinaire sur soi et sur l’autre, car on fait des rencontres incroyables, sans masque et sans jugement ». Pauline ajoute : « Les langues se délient très facilement. On parle de nos motivations, de sujets intimes avec des discussions beaucoup plus profondes que dans la vie normale. »

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Défi sportif et diversité des motivations

Certains pèlerins privilégient l'aspect sportif. Christophe, marathonien et traileur, a parcouru une dizaine d'étapes en quatre jours en 2019, parcourant 50 à 60 kilomètres par jour au lieu des 20 à 30 habituels. « J’ai fait quelques rencontres mais je préférais être seul avec l’objectif de me dépasser », se souvient-il. Laure Koupaliantz observe un afflux croissant de randonneurs attirés par le défi sportif et l'aventure, même si cela « n'est pas du tout la démarche de sobriété heureuse des chemins ». Elle tempère : « Les chemins sont à tout le monde et il n’y a pas un pèlerin plus légitime qu’un autre. Chacun part avec des motivations qui lui appartiennent et chacun y trouve son propre message. »

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