Après un grave accident de vélo survenu en avril 2025, le pompier angloy Jérémy Gey se prépare à relever un défi hors norme : l'ascension du Manaslu, huitième plus haut sommet du monde avec ses 8 163 mètres. L'expédition solidaire est prévue du 2 septembre au 8 octobre 2026, un an et demi après l'accident qui aurait pu tout arrêter.
Un pompier passionné de montagne
Jérémy Gey, sapeur-pompier professionnel depuis cinq ans à Anglet, est également spécialiste du secours en montagne au sein du Service Milieu Périlleux Montagne (SMPM). Il intervient en alternance avec le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) à bord de l'hélicoptère Dragon 64. Ski, alpinisme, cascade de glace, trail : l'Angloy vit au contact des sommets. « J'ai toujours fait de la montagne, depuis tout petit », confie-t-il. La naissance de ses deux enfants a toutefois modifié son rapport au risque : « Quand on devient père, le curseur de la prise de risque change complètement. »
Un premier signal d'alerte survient lors d'une intervention à l'Ossau, où il est victime d'un pneumothorax spontané en pleine mission, nécessitant une hospitalisation d'urgence. « Ça m'a fait réfléchir. Je me suis dit qu'il fallait arrêter de repousser certains rêves. » Il décide alors de préparer une expédition au Népal, non pour battre des records, mais pour donner du sens à son projet. Il ouvre une cagnotte au profit de l'Œuvre des Pupilles des sapeurs-pompiers, association qui accompagne les orphelins de pompiers morts en service. « Si demain il nous arrive quelque chose, nos enfants sont pris en charge. C'était important pour moi de soutenir cette œuvre. »
Un accident qui faillit tout briser
Le 25 avril 2025, au lendemain d'une garde de 24 heures, Jérémy part s'entraîner à vélo lorsqu'une voiture le percute violemment sur la commune de Saint-Vincent-de-Tyrosse (40). L'accident est d'une gravité extrême : triple fracture du fémur, traumatisme crânien, côtes cassées, thorax touché. Le sportif frôle la mort. « Le casque m'a sauvé la vie. J'ai fini la tête dans le pare-brise. » S'ensuivent dix mois d'arrêt, plusieurs opérations, trois mois en fauteuil roulant et une longue rééducation. « Le jour même, je pensais que le projet était terminé. »
Reconstruction physique et mentale
Au centre de rééducation (CERS) de Capbreton, puis avec un kinésithérapeute du sport, le pompier entame une reconstruction méthodique : d'abord la mobilité, puis la marche, le vélo et enfin le retour progressif en montagne. Depuis janvier 2026, il a repris le travail et s'entraîne désormais quotidiennement. « Aujourd'hui, je suis à 200 % dans la préparation. »
Le Manaslu représente un immense défi. L'ascension nécessitera plusieurs semaines d'acclimatation avant la tentative finale dans « la zone de la mort », au-dessus de 7 000 mètres. « La haute altitude, c'est ce que j'appréhende le plus. Mais la peur est utile : elle oblige à rester prudent », glisse-t-il, confiant que l'espoir de parvenir à gravir ce sommet est lié à celui d'en redescendre en bonne santé pour retrouver sa famille à Katmandou.
Un film documentaire en préparation
L'histoire de Jérémy Gey intéresse le réalisateur bidartar Damien Roussel, qui tourne actuellement un documentaire consacré à son parcours. La sortie est attendue en début d'année 2027. Ce film, imaginé comme un support de conférences ou d'interventions dans des festivals dédiés à l'univers de la montagne, portera aussi le message de solidarité qui accompagne cette aventure.
Le pompier indique que les 16 000 euros nécessaires à l'expédition sont financés entièrement sur ses fonds personnels et que « chaque don récolté ira en totalité à l'Œuvre des Pupilles ». À ce jour, près de 7 000 euros ont déjà été recueillis, dont environ 4 500 euros via la plateforme Hello Asso.



