Marion, diagnostiquée TDAH et dyspraxique à 53 ans : « Un choc salvateur »
Marion, TDAH et dyspraxique : diagnostic à 53 ans

Marion, TDAH, HPI et dyspraxique, diagnostiquée à 53 ans : « Je suis allée consulter les mains dans les poches, j’en suis sortie complètement sonnée »

Marion a appris qu’elle était neuroatypique à l’âge adulte, à sa grande surprise. Un choc mais aussi une clé de compréhension d’une enfance et d’une adolescence compliquées. Propos recueillis par Cécile Deffontaines.

Peu ou mal connus, les troubles du neurodéveloppement toucheraient une personne sur six en France. Marion, 53 ans, témoigne de son parcours vers un diagnostic tardif qui a bouleversé sa vie.

Une enfance sous le signe de la différence

« J’ai toujours su que j’étais différente. Ma mère répétait que j’étais “une enfant précoce” et s’énervait contre moi lorsque mes résultats et mon comportement n’étaient pas à la hauteur de la perfection qu’elle attendait. Un festival de claques et de critiques constantes ! J’étais maladroite, nulle en sport et en musique, ayant des difficultés à apprendre quelque chose par cœur. Mais j’adorais lire et imaginer des histoires. »

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Cette maladresse et ces difficultés scolaires étaient en réalité les premiers signes de sa neuroatypie, mais personne ne les avait identifiés à l’époque.

Une adolescence tourmentée

« À l’adolescence, tout a empiré. J’ai consommé de l’alcool et de la drogue, commis des tentatives de suicide, fait de mauvaises rencontres et pris de mauvaises décisions. J’ai abandonné mes études. Je suis passée par des séjours en hôpital psychiatrique. J’ai fini par rencontrer un psy qui m’a aidée. »

Ces années noires ont laissé des traces, mais Marion a trouvé un soutien professionnel qui a amorcé son chemin vers la compréhension d’elle-même.

Le diagnostic tardif

C’est à 53 ans que Marion consulte un spécialiste. « Je suis allée consulter les mains dans les poches, j’en suis sortie complètement sonnée. » Le diagnostic tombe : trouble de l’attention avec hyperactivité (TDAH), haut potentiel intellectuel (HPI) et dyspraxie. Un cocktail de troubles qui explique son parcours chaotique.

« J’ai ressenti un soulagement immense. Je n’étais donc pas folle. Tout prenait sens. » Ce diagnostic tardif a été une révélation, lui permettant de se réconcilier avec son passé et de mieux vivre au quotidien.

Un message d’espoir

Marion souhaite aujourd’hui sensibiliser sur l’importance de ces diagnostics, même à l’âge adulte. « Il n’est jamais trop tard pour comprendre qui on est. » Son histoire illustre la nécessité d’une meilleure connaissance des troubles du neurodéveloppement, qui touchent une part significative de la population.

Cet article fait partie d’une série de témoignages sur la neuroatypie, avec Loïc (TDAH et traits autistiques), Sandrine (autiste et HPI) et Adrien (trouble de l’attention et dyslexie).

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