Lou Osborn : « Après l’hygiène du corps, cultivons une hygiène de la déconnexion »
Lou Osborn : cultivons une hygiène de la déconnexion

Dans une tribune publiée par Libération, Lou Osborn, autrice et militante, propose de développer une « hygiène de la déconnexion » pour contrer les effets néfastes de l'hyperconnexion numérique. Elle compare cette nécessité à l'hygiène corporelle, devenue une évidence après des siècles de progrès médicaux.

Une urgence sanitaire et démocratique

Osborn estime que l'hyperconnexion est devenue une « urgence sanitaire et démocratique ». Elle cite une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) selon laquelle 13 % des jeunes de 15 à 24 ans présentent des signes de dépendance aux réseaux sociaux. « Nous sommes confrontés à une épidémie silencieuse d'épuisement mental, de fragmentation de l'attention et de polarisation des débats », écrit-elle.

Selon elle, les plateformes numériques sont conçues pour capter l'attention au détriment du bien-être. « Les algorithmes favorisent les contenus les plus clivants, car ils génèrent plus d'engagement », souligne-t-elle. Cela conduit à une radicalisation des opinions et à une montée de l'anxiété.

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Des pistes pour une déconnexion collective

Pour remédier à cette situation, Lou Osborn propose plusieurs mesures concrètes. Elle préconise d'abord des « zones de déconnexion » dans les espaces publics, comme les bibliothèques ou les transports, où l'usage du téléphone serait limité. Elle suggère également d'introduire dans les écoles des « ateliers de déconnexion » pour apprendre aux enfants à gérer leur temps d'écran.

Au niveau individuel, elle encourage des pratiques comme la « journée sans écran » hebdomadaire ou la « marche sans téléphone ». « Il ne s'agit pas de diaboliser la technologie, mais de reprendre le contrôle sur notre attention », insiste-t-elle.

Un appel à la responsabilité collective

L'autrice appelle les pouvoirs publics à agir. Elle demande une régulation plus stricte des algorithmes, à l'instar du Digital Services Act européen, mais aussi des campagnes de sensibilisation massives. « Nous avons besoin d'un mouvement comparable à celui de l'éducation à la nutrition ou à l'hygiène dentaire », écrit-elle.

Elle conclut en rappelant que la déconnexion n'est pas un luxe, mais une nécessité pour préserver la démocratie et la santé mentale. « Après l'hygiène du corps, cultivons une hygiène de la déconnexion », lance-t-elle, invitant chacun à repenser son rapport au numérique.

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