Les petites cantines : un concept de lien social aux portes de Monaco
Les petites cantines : lien social aux portes de Monaco

Il est 9 heures 30 dans les hauteurs du Village Charlot en cette banale matinée de semaine. Le complexe inauguré en décembre 2025 dort encore mais un peu plus haut, près d’une dizaine de personnes aux horizons divers pousse au compte-goutte la porte des « petites cantines ».

Un concept participatif né à Lyon

Les « petites cantines », c’est un réseau d’une vingtaine de restaurants participatifs né il y a 10 ans à Lyon. Des bénévoles viennent cuisiner pour des adhérents de l’association ayant réservé leur déjeuner 24 heures au préalable. Le prix est libre : chacun donne ce qu’il veut pour financer le repas, sachant que le coût de revient est compris entre 15 et 20 euros.

« L’objectif du concept, c’est de créer du lien social », présente Julien Sens-Olive, l’un des deux salariés des petites cantines beausoleilloises, épaulé par deux services civiques et des volontaires. « Aujourd’hui, on cuisine pour 35 personnes », annonce-t-il.

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Briser la glace avant les fourneaux

Pour détendre l’atmosphère, un tour de table s’impose. « Bonjour à tous ! Je suis très content que vous soyez là. Il y a des personnes que je connais déjà, des nouvelles têtes… donc avant de commencer, donnez-moi votre prénom, un mot sur votre humeur du jour et le dernier pays que vous avez visité », lance Julien. Les bénévoles se prêtent au jeu : « Marianne, je suis très contente de découvrir ce lieu et le dernier pays visité ? L’Espagne ! »

Une fois les règles d’hygiène rappelées, place à la présentation du menu, composé ce jour d’invendus de Carrefour. Jessica, la maîtresse de maison d’une journée, le déroule : « Le menu du jour, c’est carottes, pommes râpées et courgettes râpées en entrée, lasagnes et salade en plat, cheesecake au speculoos en dessert. »

Une alimentation durable et locale

Le menu est déterminé plusieurs semaines à l’avance pour gérer l’approvisionnement. « Il faut s’organiser, faire les courses, diffuser le menu sur internet pour que les gens puissent réserver. Nous avons parfois des dons et on peut ajuster certains menus. On récupère des invendus. Les fruits et légumes viennent d’un maraîcher à Saint-Laurent-d’Èze, on a un grossiste bio sur Grasse, un partenariat avec un boulanger pour le pain. Et on a la chance d’être en centre-ville, avec Naturalia, La Vie Claire et Carrefour à proximité », indique le responsable.

Dans la logique participative, chacun fait ce qui lui plaît. « Certains disent ‘Oh, je ne sais pas cuisiner’. On a toujours besoin de personnes qui épluchent, lavent les plats, mettent la table. Il y a plein d’activités possibles sans forcément cuisiner. On ne rejette personne. L’idée est de montrer que tout le monde sait faire des choses. »

Plaisir et convivialité

En cuisine, tout le monde s’affaire dans l’allégresse. « Le maître mot, c’est plaisir ! » rappelle Julien. Chaque bénévole a un travail précis : éplucher, couper, mélanger, avec parfois des erreurs de conversion. « Ça ne sert à rien de trop faire cuire la viande à la casserole car après les lasagnes iront au four », rappelle Jessica.

Deux heures plus tard, tout est prêt. Place au repas et au partage ! Pour participer, il suffit d’adhérer à l’association à tarif libre pour cuisiner ou déguster. L’adhésion donne accès à tout le réseau français des petites cantines. Plus d’informations sur le site dédié.

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