Justice impose piste cyclable au cap d'Antibes, ville prépare contre-attaque
Justice impose piste cyclable au cap d'Antibes

Le tribunal administratif de Nice a donné raison à l'association Choisir le vélo en annulant le refus du maire d'Antibes, Jean Leonetti, de réaliser un itinéraire cyclable continu le long du littoral entre le port du Crouton et l'Hôtel du Cap - Eden-Roc. La municipalité dispose désormais d'un an pour revoir sa copie et intégrer une piste cyclable conforme à la loi.

Un aménagement jugé hors-la-loi

Après deux ans de bras de fer autour de la piétonnisation du cap d'Antibes, la justice a tranché. L'association Choisir le vélo, qui avait saisi le tribunal, se félicite de cette décision : « L'aménagement n'est pas conforme et surtout n'est pas protecteur », a-t-elle déclaré, ajoutant recevoir encore des témoignages d'utilisateurs insatisfaits.

L'affaire remonte au printemps 2024, lorsque la Ville a entrepris la rénovation de l'axe reliant l'Hôtel du Cap-Eden-Roc au port du Crouton. Les travaux ont principalement consisté en la réalisation d'un trottoir côté mer, avec des zones de rencontre dans les parties étroites. Mais aucune piste cyclable n'a été créée, en violation de l'article L. 228-2 du Code de l'environnement, issu de la Loi d'orientation des mobilités (LOM).

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L'argument de l'étroitesse rejeté

La municipalité arguait que la configuration géographique du Cap rendait impossible l'intégration d'une piste cyclable en plus du trottoir. Le tribunal a balayé cet argument, rappelant que « l'étroitesse de la voie ne devait être prise en compte que pour déterminer quels aménagements cyclables doivent être créés, et non pour déterminer si de tels aménagements devaient être créés ».

Une victoire attendue pour l'association, qui espère renouer le dialogue avec la Ville : « On a tous perdu du temps et de l'argent. Au final, personne n'est content. On doit faire en sorte que les autres aménagements de la ville soient conformes. »

Un an pour se conformer

Bien que non soumise à une sanction financière, la Ville dispose d'un délai maximal de douze mois pour réexaminer la demande et intégrer un itinéraire continu conforme à la loi. La municipalité annonce vouloir « saisir le ministère chargé des Transports alors même que de nouveaux amendements sont actuellement examinés par l'Assemblée nationale dans le cadre de la révision de la loi-cadre relative au développement des transports ».

Ces évolutions législatives pourraient offrir « davantage de souplesse dans l'application de ces dispositions, afin de mieux prendre en considération les réalités de terrain et les contraintes propres à chaque territoire ». La Ville se défend en affirmant que « cette position ne remet nullement en cause l'intérêt du vélo dans les déplacements du quotidien ni la nécessité de poursuivre le développement des mobilités actives ».

La contre-attaque de la municipalité

La municipalité prépare une contre-attaque en saisissant le ministère des Transports, espérant que les futurs amendements permettront d'adapter les obligations aux réalités locales. « Le cap d'Antibes constitue à cet égard un exemple particulièrement révélateur », estime-t-elle.

De son côté, l'association Choisir le vélo préconise l'instauration d'un « sens unique » automobile pour libérer l'espace nécessaire à une piste cyclable, « à l'image de ce qu'a fait le maire de Cannes, David Lisnard, au Mouré Rouge ». La bataille juridique et politique autour de la mobilité douce au cap d'Antibes est loin d'être terminée.

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