L'eau, indispensable à la vie
Indispensable à la vie, la consommation d'eau est un élément essentiel d'une bonne alimentation. À quelle quantité en boire, à quel âge, pour quelle indication thérapeutique ? Le point avec le docteur Frédéric Maton, médecin du sport diplômé en nutrition.
Médecin du sport, diplômé en nutrition du sport, membre de la société française de nutrition du sport, le docteur Frédéric Maton est aussi coordinateur médical à la fédération française d'aviron et travaille pour une équipe cycliste professionnelle. Son expertise auprès de sportifs de haut niveau et de sportifs professionnels ainsi que ses « petits trucs de terrain » profitent à « M. Tout-le-Monde » au sein de l'Institut de recherche du bien-être, de la médecine du sport et du sport santé (IRBMS) à Lille. Ses publications dépassent largement le cadre régional des Hauts-de-France. Il est notamment l'auteur de « la nutrition du sportif, du loisir à la compétition ».
À quoi sert l'eau ?
On est fait d'eau ! L'eau représente 60 % de la masse corporelle. Elle a donc un rôle fondamental, une action physique sur l'organisme car elle transporte les nutriments vers les cellules, participe à l'élimination des déchets et assure le bon fonctionnement des reins, des articulations et des muscles. Elle permet aussi de réguler la température corporelle. Tout effort produit de la température. S'il est soutenu, on chauffe, on transpire. Si on ne boit pas en conséquence, c'est la surchauffe.
Quelle quantité d'eau faut-il boire ?
Les besoins hydriques, c'est-à-dire les quantités d'eau que le corps doit ingérer pour assurer son bon fonctionnement au quotidien dépendent de l'âge, de la corpulence, du climat et du niveau d'activité. Mais on ne peut pas être en dessous d'un litre et demi. Même une personne sédentaire a besoin de boire et plus on est lourd, plus on a besoin d'eau. La consommation d'eau est une des composantes d'une bonne alimentation.
Dans les climats chauds ou secs, il faut augmenter son apport hydrique pour compenser la transpiration accrue. En dehors de certaines maladies comme l'insuffisance rénale, on ne craint rien à boire trop. Mais il est évidemment déconseillé de boire d'un seul coup car cela va provoquer un inconfort digestif. Pour que l'eau soit mieux assimilée par les muscles, il vaut mieux boire régulièrement de petites gorgées.
Quels sont les signes d'une déshydratation ?
Des urines foncées et la soif sont les signaux d'un manque d'eau et la preuve que la déshydratation a déjà des répercussions sur notre organisme. Les urines doivent être claires. Les reins sont là pour filtrer l'eau et la réabsorber. Un apport d'eau insuffisant va entraîner une concentration des urines. Les effets de la déshydratation sont une grande fatigue. Beaucoup croient qu'ils manquent de magnésium ou de calcium, mais en fait ils manquent surtout d'eau. Encore plus chez une personne active ou sportive. Et cela fait le lit des blessures.
Quelle est la différence entre les eaux minérales, de source, du robinet ? Laquelle choisir ?
Peu importe l'eau, l'important c'est de boire. L'eau du robinet est certes décriée mais sanitairement très correcte en France et à disposition. C'est la moins minéralisée. Les eaux de sources sont d'origine souterraine, faiblement minéralisées et sans propriétés particulières. Les eaux minérales, également d'origine souterraine, contiennent des minéraux comme leur nom l'indique. Certaines sont même hyperminéralisées et hyperpétillantes. Les établissements thermaux revendiquent leurs bienfaits dans les cures.
Les boissons à base d'eau c'est bien ? C'est pareil que l'eau ?
Le thé, le café ou la tisane constituent certes un apport hydrique, mais sont également diurétiques. Donc au final, on ne s'hydrate pas totalement. On perd de l'eau plus qu'on ne se réhydrate. En cas d'effort prolongé, les eaux énergétiques, c'est-à-dire des boissons contenant de l'eau et du fructose ou du glucose répondent aux besoins nutritionnels. Une petite recette maison de boisson énergétique consiste à mettre un peu de sirop de fraise au fond d'une gourde et de remplir d'eau. Ça suffit et ce n'est pas de moins bonne qualité.
À ne pas confondre avec les boissons énergisantes sans minéraux et bourrées de sucres et d'excitants ! Quant aux eaux aromatisées, cela peut être vraiment intéressant pour les gens qui ne boivent pas, si cela les pousse à boire. Mais attention à la composition. Et, même s'il y a des édulcorants et peu de calories, le danger est de s'habituer à un goût sucré.
Quelle eau pour quel âge et quelle indication ?
Un bébé dont les reins ne sont pas encore formés n'a pas les mêmes besoins en eau qu'une femme enceinte ou une personne âgée qui perd progressivement la sensation de soif. Classiquement, on donnera une eau peu minéralisée aux nourrissons. Inversement, plus on avance en âge, plus il faudra renforcer la minéralisation et la densité osseuse, avec une eau riche en calcium.
Des problèmes de digestion peuvent être améliorés grâce à une eau riche en bicarbonate qui est aussi l'antidote à l'occasion d'un exercice sportif intense et prolongé. En cas d'hypertension ou de troubles cardiovasculaire, il faut éviter les eaux riches en sodium qui sont au contraire conseillées au sportif qui aura transpiré.
« La nutrition du sportif, du loisir à la compétition », par Frédéric Maton, édité par l'IRBMS, 400 pages, 35 euros.



