Le 20 mai 2026, la salle Rabelais de Montpellier a accueilli Gisèle Pelicot, debout sous les applaudissements de plus de 400 personnes. Venue présenter son livre "Et la joie de vivre", coécrit avec la journaliste Judith Perrignon, elle a livré un témoignage poignant.
Un message d'espoir
"Merci, je suis vraiment impressionnée, je ne m'habitue jamais…" s'est émue Gisèle Pelicot. Son livre, paru en février 2026 chez Flammarion, s'est vendu à plus de 150 000 exemplaires et est édité dans 30 pays. "C'est un immense honneur pour le festival d'accueillir une femme d'un tel courage et d'une telle dignité", s'est réjouie l'organisation de la Comédie du livre.
"C'est surtout un message d'espoir", a-t-elle insisté. Après le procès hors normes d'Avignon (septembre-décembre 2024) et l'appel de Nîmes (octobre 2025), elle pensait que sa vie reprendrait, mais elle a choisi de partager son histoire pour aider les autres. "Quels que soient les événements, les moments difficiles, on peut toujours se relever. La vie continue, aujourd'hui, j'ai 74 ans et je suis passée à autre chose."
Icône et symbole
"On a dit que j'étais une icône, que j'étais un symbole… j'ai dû éveiller les consciences", a-t-elle déclaré. Elle a reçu des milliers de lettres et de témoignages depuis le procès. "Beaucoup de femmes me disent qu'elles se sont retrouvées dans mon livre. L'une d'elles m'a dit qu'elle avait divorcé grâce à moi, après avoir vécu le viol conjugal pendant des années."
Judith Perrignon, sa co-autrice, a souligné l'émotion que déclenche le livre : "Les réactions, c'est toujours très troublant. Que cachent ces larmes ? C'est abyssal."
Un travail lent
Gisèle Pelicot a évoqué son mari, qu'elle a "toujours vu" comme le jeune homme timide et rougissant dont elle était tombée amoureuse. "La face A, c'était l'homme qui disait que j'étais l'amour de sa vie. Il y avait une face B, un homme sans pitié qui a choisi les bas-fonds de l'âme humaine."
"Je suis une survivante", a-t-elle affirmé. Judith Perrignon a expliqué : "Elle est attachée à digérer cette histoire, à la mûrir, c'est un travail lent, heureusement, sinon elle serait tombée." La rédaction du livre et les rencontres avec le public y contribuent : "Il faut du temps pour prendre la mesure de ce qui m'est arrivé."



