Andy Garcia : « Le film noir est ma langue maternelle cinématographique »
Andy Garcia : « Le film noir est ma langue maternelle »

Andy Garcia nous tend la main avec le sourire d’un gentleman sorti tout droit d’un roman de F. Scott Fitzgerald. Veste légère bleu pastel, chemise en lin, pantalon de toile et sourire tranquille… On est bien loin du jeune loup impulsif découvert au cœur des années 1980 dans Les Incorruptibles, Le Parrain 3, Black Rain ou, la décennie suivante, Affaires privées, Héros Malgré lui, Jennifer 8 et Ocean’s Eleven.

Né à La Havane en 1956, exilé à Miami avec ses parents à l’âge de cinq ans, après la révolution castriste, Andy le magnifique porte malgré tout en lui des cicatrices et une mélancolie qui, à l’entendre, ne cesseront jamais de hanter ce grand nostalgique de sa culture d’origine, de sa musique, de son peuple placé sous cloche depuis presque 70 ans.

Réputé pour son jeu intériorisé ou ombrageux voire, à l’occasion, glaçant comme dans Ocean’s Eleven, où il campait un atrabilaire patron de casino de Las Vegas, Garcia voit toujours son téléphone sonner malgré l’inévitable usure du temps – on l’a vu récemment dans la série Landman de Taylor Sheridan.

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Son étoile moins vive l’a ainsi contraint à se battre durant 15 ans pour monter le polar Diamond si cher à ses yeux, son second long-métrage de fiction comme réalisateur après Adieu Cuba en 2005. À ce jour, Diamond n’a pas encore de distributeur en France et son maître d’œuvre le présente au marché du film.

Hoffman, Murray, Huston… Tous sont dans « Diamond »

Dans la droite ligne des classiques du film noir américain, l’acteur se met en scène dans le rôle de Joe Diamond, un détective privé taciturne et suranné, obsédé par le passé, dans un Los Angeles contemporain où une riche veuve (Vicky Krieps) l’implore de l’aider à l’innocenter du meurtre mystérieux de son influent époux.

Un vrai thriller mené piano, irradié d’iconographie californienne pur jus, bercé par les standards jazz, la trompette du compositeur Arturo Sandoval (vieux complice de Garcia) et où une pléiade d’amis d’Andy sont venus passer une tête : Dustin Hoffman, Bill Murray, Danny Huston… Sans oublier un rebondissement typique du genre dont ni Joe Diamond, ni le spectateur ne ressortiront indemnes.

Au cours de notre entretien cannois, Andy Garcia confie son lien très personnel au film noir, quelques jolis souvenirs de cinéma et revient sur ses racines cubaines, nimbées d’un spleen toujours vif. Bref, sur la Croisette ce jour-là, pour Diamond, Le Point a vu briller une perle rare de gentleman.

« Diamond » : un film noir qui puise dans les classiques

LE POINT : Au fil de son intrigue, « Diamond » m’a fait penser successivement à « Chinatown », au « Privé », à « Sunset Boulevard » et même à… « Blade Runner ». Suis-je à côté de la plaque ?

Andy Garcia : Au contraire ! Ce sont tous des films qui appartiennent à la tradition dans laquelle Diamond s’inscrit. Ce que je filme n’est pas un hommage, c’est juste inhérent au matériau. Blade Runner y compris ! Regardez le Bradbury Building, par exemple, là où Joe Diamond a son bureau de détective privé : eh bien c’est en allant voir Blade Runner, que j’ai découvert cet immeuble pour la première fois. Quand j’ai écrit Diamond, j’ai su tout de suite que le bureau de Joe serait là. Et j’ai tenu à tourner ce film dans tous ces endroits que je fréquente à Los Angeles depuis mon arrivée dans la ville, en 1978.

Conformément aux codes du genre, « Diamond » nous balade sur quelques fausses pistes… avant un rebondissement majeur relatif à Joe Diamond. Est-ce que tout le projet est parti de cette idée ?

Non, tout le script de Diamond, que j’ai mis plus de quinze ans à écrire, est venu d’abord de ce détective privé dont je me suis senti de plus en plus proche. L’idée de Diamond est née quand, dans le cadre d’un devoir de lycée, ma fille Daniela, qui étudiait le roman The Long Goodbye de Chandler, m’a demandé de l’aider à imaginer une courte histoire de type film noir.

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La plupart des idées que j’ai proposées à Daniela – le personnage de Diamond, sa voix off, ses traumas… ont fini par rester dans le scénario de Diamond ! Il y a notamment cette réflexion de Joe, que j’ai totalement improvisée à l’époque et qui est dans le film : « Je me suis réveillé sous l’unique rayon de lumière qui avait eu le courage de percer l’épaisse couverture grise du ciel. Je ne me suis pas réveillé dans mon vieux lit Murphy, mais sur un parterre de ficoïdes qui garde à jamais mon empreinte. »

D’où diable vous est venue une phrase pareille ?

De mes tripes. Cette image de plantes qui gardent mon empreinte, qui conservent la trace de mon corps, c’est celle d’un homme hanté par son passé. Au fil de l’écriture, je me suis demandé pourquoi Joe Diamond était ainsi. Quel est son traumatisme ? Où va son histoire ? J’ai rêvé de ce personnage tout le temps.

Il me hante. Il était en moi, d’une certaine manière, à travers toutes mes lectures de romans noirs, à commencer par ceux de Chandler, à travers tous ces films que nous avons vus… Le rythme de Joe Diamond, sa voix, son humour un peu sec, je les ai toujours eus en moi.

L’exil cubain, une source d’inspiration pour le film noir

Il y a un lien de parenté entre certains codes du film noir et la tragédie cubaine : l’exil, la trahison, le passé qui revient… En tant qu’artiste d’origine cubaine, en exil depuis vos cinq ans aux États-Unis, avez-vous le sentiment que vous étiez destiné à vous illustrer si souvent dans ce genre, le film noir ?

Écoutez, la tragédie de l’exil… c’est l’exil. Lorsqu’il survient, on est toujours arraché à cette chose inhérente à soi qu’est son pays natal, qu’on aime, mais où l’on ne peut plus rester. C’est propre aux héros du film noir, à ces détectives avec leur propre code moral, du Faucon maltais au Grand Sommeil en passant par Casablanca… Et c’est inhérent à l’histoire de Diamond. Mon personnage a un code moral très précis.

Je m’identifie complètement à lui, comme homme, comme Cubain, comme artiste. Je vis selon un code moral qui m’a été transmis par mes parents, Amelie et René, qui ne sont plus de ce monde, et par ma culture. J’ai une ligne morale, tracée dans le sable, que je ne transgresserai jamais : faire ce qui est juste, être respectueux, prendre soin des autres, être quelqu’un de bien dans ce monde, subvenir aux besoins de ma famille, la défendre… J’ai grandi avec ces valeurs.

Pas forcément des valeurs qui garantissent une longévité à Hollywood…

Je suis venu à Hollywood avec mes propres valeurs, pas pour m’en forger de nouvelles. Et mes valeurs, je les ai trouvées à la maison, avec mes parents. C’est là qu’on apprend ses valeurs comme être humain.

Vous dites que Joe Diamond est hanté : qu’est ce qui vous hante, vous ?

Je note systématiquement mes rêves – je ne les confie pas à un psy, je n’en ai jamais eu. Mais ils m’aident à m’analyser et voir comment ils se relient inconsciemment à mon travail en cours. Une nuit, vers trois ou quatre heures du matin, durant l’écriture de Diamond, je faisais un rêve d’une grande intensité émotionnelle, je pleurais dans mon sommeil. Je me suis réveillé en larmes…

Vous avez donc injecté dans « Diamond » votre propre nature mélancolique ?

Bien sûr. D’où voulez-vous que ça vienne d’autre ? Il n’y a pas de « jeu » là-dedans. Tout cela n’est que du partage.

Un tournage indépendant au cœur de Los Angeles

« Diamond » a été produit de façon entièrement indépendante… Quel est votre budget et comment avez-vous fait pour tourner entièrement à Los Angeles, alors même que les productions fuient la ville devenue trop chère ?

On a tourné ce film en 25 jours, dans près de quarante lieux différents, et environ 59 décors. On a eu de la chance ! Beaucoup de décors intérieurs avaient fermé – comme le Cole’s bar, le Pantry – le Bradbury nous a laissés tourner gratuitement. La ville reste chère, les permis sont chers mais on a eu quand même un petit crédit d’impôt de l’État de Californie. Il fallait tourner à L.A. : c’est un personnage du film, le lieu central de tous ces grands films noirs, c’était non négociable.

Le film noir, une langue maternelle cinématographique

Vous avez tenus nombre de vos plus grands rôles dans des films néonoirs : « Huit Millions de façons de mourir », « Affaires privées », « Black Rain », « Dead Again », « Dans L’Ombre de Manhattan », « Derniers Jours à Denver »…

J’ai adoré faire Derniers Jours à Denver ! C’est l’un de mes préférés. On est venu le présenter à Cannes, dans Un Certain Regard, je crois.

Donc, le film noir a toujours bien été votre langue maternelle cinématographique ?

J’adore le film noir. Robert Mitchum et Humphrey Bogart sont évidemment les deux acteurs qui me viennent à l’esprit. Je suis fou du Privé (The Long Goodbye, en version originale), Elliott Gould, est tellement extraordinaire dedans. Ça va vous étonner, mais je suis aussi un grand fan de Columbo et de 200 dollars plus les frais.

En parlant de TV, j’avais complètement oublié que l’un de vos tout premiers rôles à l’écran est celui d’un membre de gang dans… l’épisode pilote de « Hill Street Blues », l’une des plus grandes séries policières de tous les temps !

Ha ha oui, on me voit à peine mais c’était une série très importante pour moi. Très importante. J’ai tourné le pilote et un autre épisode je crois. J’ai failli tourner aussi dans Deux Flics à Miami, j’ai fait un essai avec Don Johnson, mais je n’ai pas eu le rôle. Je n’ai jamais travaillé avec Michael Mann et j’aimerais tellement !

Souvenirs de tournages marquants

Au cinéma, on vous a d’abord remarqué en proxénète cocaïnomane – Angel Moldonado – dans le thriller de Hal Ashby « Huit Millions de façons de mourir » (1986). Très critiqué à sa sortie, il est désormais un polar assez culte… Avec le recul, que pensez-vous de votre prestation totalement extravertie et comment expliquez-vous que Tarantino soit à ce point obsédé par ce film ?

(Il éclate de rire). Oui, Quentin m’a toujours dit que la scène de fusillade dans l’entrepôt l’avait directement inspirée pour Reservoir Dogs. Quant à mon personnage, c’est Hal qui me poussait sans arrêt ! « Va plus loin, va plus loin, deviens fou ! » qu’il me disait.

Et de fait, le personnage de Angel est complètement fou, défoncé à la coke en permanence… Tout le film était assez improvisé, vous savez. Et puis j’en ai connu des gens bourrés de testostérone et de drogue, ils partent au quart de tour…

Vous n’avez jamais été contaminé par ce genre d’excès, en 45 ans de carrière à Hollywood, malgré vos valeurs, vraiment ?

Jamais. J’ai juste connu ces gens et je les ai observés. En tant qu’acteur, je suis de l’école qui utilise son imagination et son observation de la vie. La clé pour comprendre Angel dans Huit Millions de façons de mourir, c’est qu’il est à bloc, défoncé. Ses réactions sont tranchantes, sèches (et Andy Garcia de frapper d’un coup de poing brutal la table basse qui nous sépare, en nous regardant droit dans les yeux avec une soudaine lueur de psychopathe dans le regard).

Vous savez que vous me faites peur, là ?

He bien voilà, Angel, c’est ça ! Il vrille, il pète les plombs d’un coup.

« Les Incorruptibles » : le tournant de sa carrière

En 1987, « Les Incorruptibles » est LE film de votre grand break à Hollywood. Vous avez insisté pour jouer le rôle du flic George Stone – tireur d’élite de la brigade de Eliott Ness – plutôt que celui du tueur Frank Nitti, qui vous était proposé. Le meilleur choix de toute votre carrière, non ?

C’est LA décision la plus intelligente de ma carrière, oui ! Attention : Frank Nitti était un grand rôle, qui a été brillamment incarné par Billy Drago. Il est stupéfiant dans le film. Mais George Stone, mon Dieu… je le voulais de toutes mes forces. Jusqu’ici, on ne me donnait quasiment que des rôles de membre de gang latino ou ce genre de trucs.

Quand le directeur de casting Lynn Stalmaster – le même qui m’avait casté pour Huit Millions de façons de mourir – m’a rappelé pour Les Incorruptibles et m’a dit : « On veut que tu joues un autre personnage de cinglé. », j’ai lu le script et j’ai dit : « Non. Je veux jouer le jeune immigrant, là, George Stone. Ce type, c’est moi. ». J’ai refusé Nitti – d’ailleurs ce n’était même pas une offre ferme à l’époque, juste un coup de fil –, j’ai réussi à rencontrer Brian De Palma, je l’ai convaincu de m’auditionner pour George Stone… et j’ai gagné.

Vous avez travaillé avec le héros de votre enfance : Sean Connery…

Je voulais travailler depuis toujours avec lui. Mon héros d’enfance, oui. LE bonhomme.

… qu’on a très souvent décrit comme un homme au caractère difficile sur les plateaux, malgré son immense talent.

Eh bien moi, il ne m’a pas déçu. Il arrivait toujours hyperprêt, et il voulait que tout le monde soit prêt aussi. Mais je ne l’ai jamais vu en colère sur le plateau des Incorruptibles. Au contraire : plutôt un humour sec, très sec, formidable. Je dis souvent que pendant le tournage, il m’a donné un conseil que j’ai toujours fait mien (et Andy Garcia imite l’accent écossais de Sean Connery) : « Keep it simple, keep it sexy ! » (en français : « va au plus efficace », NDLR). Bon pour être honnête, un proche m’a dit ensuite que cette phrase n’était pas de Sean, mais du coiffeur du plateau K.G. Ramsey, alors…

« Black Rain » et l’amitié avec Ken Takakura

Dans « Black Rain », de Ridley Scott, vous campez le personnage le plus attachant du film : Charlie Vincent, le binôme du flic ripou Nick Conclin (Michael Douglas). Les deux officiers partent à Tokyo pour leur enquête sur un gang de yakuzas. Charlie, c’est l’âme de ce thriller. Il est le pont entre les cultures américaine et japonaise à travers son amitié avec l’inspecteur Matsumoto (Ken Takakura), alors que le héros campé par Douglas est assez antipathique. Et, bim ! Charlie Vincent se fait tuer en plein film ! Si j’étais parano, je dirais que c’est Michael Douglas qui a secrètement ourdi auprès de Ridley Scott…

Ha ha, non, non, non… Michael est un acteur extrêmement généreux, jamais il ne ferait jamais une chose pareille ! C’était écrit comme ça depuis le début dans le scénario et cette mort était cruciale pour amplifier la motivation de Conklin à boucler cette affaire. La seule chose qu’on a changée dans le scénario, pendant le tournage de Black Rain, c’est la scène de karaoké avec Ken Takakura. Initialement, je devais me lever et chanter seul « You’ve Lost That Lovin’Feelin’ », le classique des Righteous Brothers.

Je suis allé voir Ridley et les producteurs Sherry Lansing et Stanley Jaffe. Et je leur ai dit : « Cette chanson est trop mélancolique et en plus on l’a déjà entendue dans Top Gun. Pourquoi est-ce que je ne ferais pas What’d I Say, le morceau si enjoué de Ray Charles ? Et je fais monter Ken Takakura avec moi sur scène pour qu’on chante ensemble ! » Or, Ken, comme acteur, c’est le Clint Eastwood du Japon. Très sérieux, très solennel. Il n’a jamais souri dans aucun de ses films. Jamais dansé. Toujours digne, retenu, subtil. Et d’ailleurs il est comme ça au début de Black Rain.

J’ai donc proposé à Ridley de faire monter Ken sur la scène et le faire imiter Ray Charles, en lui mettant des lunettes noires. Je leur ai expliqué : « Ce que ça va produire, c’est que Ken ET son personnage vont vivre une expérience qu’ils n’ont jamais vécue auparavant. Et ça va les toucher, créer un lien amical entre Matsumoto et Charlie. » À partir de cette scène, je ne suis plus juste un flic de New York, mais je suis ce gars chaleureux et affectueux, qui a réussi à faire chanter et sourire Matsumoto et devient son ami.

Ridley m’a dit : « Okay, mais tu répètes toute la scène avec Ken ». On l’a fait dans un studio de North Hollywood, juste avec le pianiste, Ken et moi. Michael Douglas a adoré l’idée parce que plus tard dans le film, Conklin ET Matsumoto, qui ne s’aiment pas au départ, s’unissent pour venger ma mort. C’était une bonne dynamique pour le film.

Êtes-vous devenu vraiment ami avec Ken Takakura ?

(Il nous montre soudain la montre métallique à cadran à aiguilles, à son poignet) Vous voyez cette montre ? C’était la montre de Ken Takakura (l’acteur est décédé en 2014, NDLR). Regardez, son nom est gravé dessus. Il me l’a donnée quand on a terminé le tournage, en cadeau, de sa main. Il l’a retirée et me l’a tendue. Je ne l’ai jamais enlevée. Et elle fonctionne toujours très bien.

L’espoir pour Cuba et l’avenir de « Diamond »

Vous avez déclaré à « Empire » en 2006 que vous pensiez à Cuba tous les jours. Vingt ans plus tard, est-ce toujours vrai ?

Oui, bien sûr. La situation de ce pays est toujours tragique, terrible. Soixante-sept ans que Cuba est sous la coupe de ce gouvernement autoritaire et le peuple souffre. Plus que jamais. Il a toujours souffert, toujours été réprimé… Je ne vois hélas pas les Castro partir de sitôt. Il faudra que le peuple se lève. C’est une situation désespérée. Je prie pour eux. Je viens d’enregistrer une chanson avec San Miguel Pérez, « Que se vayan » – « Qu’ils s’en aillent ». C’est une chanson de protestation, mais aussi d’espoir. Il faut garder l’espoir, vivre avec l’espoir…

L’espoir est une notion très importante à la fin de « Diamond »…

Oh oui. J’aimerais d’ailleurs tellement que ce personnage ait un avenir. Pourquoi pas une série limitée ? J’adorerais continuer à le jouer, voir où il se dirige après la fin du film. On va d’abord voir le voyage du film ! Je suis ici à Cannes pour le soutenir, pour qu’il trace sa propre route.

Nous avons commencé cet entretien en parlant de vos valeurs. Partagez-vous l’attitude de plus en plus ouvertement politique de certaines stars hollywoodiennes, en particulier lors de leurs conférences de presse en festival ?

Hollywood est une industrie, comme une autre, avec toutes sortes de valeurs. J’ai rencontré à Hollywood certains de mes plus grands amis, des gens que j’admire énormément. Il y a aussi, dans le métier, des gens dont je ne raffole pas. Hollywood serait une conscience politique ? Non, c’est d’abord une industrie, celle où je travaille. Je ne me réveille pas chaque matin comme un acteur d’Hollywood. Je me réveille comme un père, je prends soin de ma famille et c’est ce qui compte le plus pour moi. Mes valeurs sont celles-là.